Lectures, BD, cinéma, voyages, photos, chats, oiseaux, nature bref mon petit monde ! .................. " C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante" (Le petit prince)
Roman - Editions Audiolib - 9h23 d'écoute - 19.70 €
Parution Audiolib 2015 -Rivage 2013
L'histoire : A travers l'immensité des prairies vierges du Far-West, les chemins des Indiens, des pionniers, des cow-boys et des brigands se croisent aux abords d'une ville naissante, où tous convergent. Les frères Jeff et Brad, le médecin Gifford, le bandit Quibble, l'Indienne Eau-qui-court-sur-la-plaine, l'aventureux Elie...
tentation : La blogo à l'époque... dans mes souvenirs !!!
Fournisseur : La bib de Rennes, autrement dit, ma PAL audio !
Mon humble avis : Après 2 abandons de livres audios (juste pas possible !!!) je pioche celui-ci, en me disant que les grands espaces, les cow-boys et les indiens, ça devrait me plaire ! Bref, un western littéraire !
Ecoute commencée en février, interrompue longuement, reprise à zéro, de temps à autre, jamais je n'ai vraiment mis le pied à l'étrier. Pire, j'ai traversé ce roman et .... Rien ! Pas de repères, pas d'émotions, pas d'empathies, et rien saisi de l'histoire réelle ni de l'objectif de la romancière, si toutefois il y en a un.
Beaucoup trop de personnages, nommés tantôt par leur prénom, par leur diminutif ou par le patronyme... je ne m'y suis jamais vraiment retrouvée, d'autant qu'ils mettent un certain temps à se rencontrer et à se confronter.
Je n'ai détecté ni la tendresse ni le burlesque annoncés par la 4ème de couv, à peine quelques touches d'humour.
Bon l'écriture est belle, on imagine bien l'immensité des paysages du Far West. et l'époque est certainement très bien mise en scène. Je me suis amusée un peu à coller sur les personnages des "gueules" vus dans les Westerns, et me suis fait ma B.O avec le Best of d'Ennio Morricone pour tromper mon terrible et profond ennui. Une rencontre complètement ratée pour moi ! Dommage...
L'histoire : Japon, fin des années 1960. Nagisa, jeune citadine tokyoïte aux manières policées et pudiques, débarque avec son paquetage sur Hegura, petite île de pêcheurs reculée. Là, elle est adoptée par Isoé, la cheffe de la communauté des « Ama » qui gouverne l'île. Les Ama, ces « femmes de la mer » brutes, fortes et sauvages qui plongent en apnée, nues, pour pêcher des coquillages...
Tentation : Le sujet
Fournisseur : La bib de...St Lunaire
Mon humble avis : Avec ce coup de coeur, je célèbre 2 choses ! Le plaisir réel de lire ce très bel album... et la joie d'avoir trouvée un autre antre plein de bandes dessinées que je n'ai pas encore lues, un antre plein de promesses et de possibilités donc ! Depuis que j'habite Dinard, je me contente de la médiathèque de ma commune... Hélas, j'en ai déjà lu toutes les BD one shot susceptibles de me plaire par rapport au sujet et au graphisme... Et puis, il y a 3 semaines, je suis allée m'inscrire à la médiathèque de la commune voisine, celle de ma mère, St Lunaire ! Et là, ô joie, pleins d'albums vus ces dernières années et mois sur les blogs, et bien d'autres qui me tentent beaucoup !!! La BD va donc faire son come-back ici :)
J'ai beaucoup aimé cette lecture, Ama le souffle des femmes... Un voyage géographique et temporel, à la rencontre d'une peuplade dont j'ignorais tout. Les Amas, ces femmes qui pêchent nues ormeaux et autres coquillages et algues. Ce sont des femmes courageuses, et de caractères, respectées, admirées et fières de la vie qu'elles mènent, malgré son austérité et sa dureté. Nous voilà dans les années 60 sur une petite île japonaise. Traditions, us, coutumes, légendes, sont encore bien prégnantes dans cette histoire, même si déjà, la modernité s'annonce, par exemple, avec l'apparition des combinaisons de plongée que certaines adopteront.
Les dessins sont jolis, limpides, agréables, on ne se demande pas qui est qui... Des tons bleutés... La mer est un personnage à elle seule.... La présence de la jeune Nagissa donne un aspect initiatique à cette histoire, et permet aussi d'en raconter une, et de ne pas être uniquement dans le "documentaire".
Bref, une bien belle découverte qui devrait plaire à pas mal d'entre vous, adeptes ou passionnées d'Histoire nippone.
Et de nouveau, à moi le plaisir de m'instruire en me divertissant !
Synopsis : Tridan Lagache a passé sa vie au Club Med, à changer d’amis tous les 8 jours. À 50 ans, il démissionne du club de vacances mexicain où il est né, bien décidé à retrouver, 42 ans plus tard, son grand amour d’enfance, Violette. Il débarque à Paris, naïf et perdu mais heureux d’être hébergé chez Louis, un demi-frère dont il ignorait l’existence. Pour se débarrasser d’un Tridan encombrant, Louis supplie une de ses conquêtes, Roxane, de se faire passer pour Violette que Tridan croit reconnaître au premier regard.
Mon humble avis : En tant que ch'ti, j'ai toujours plaisir à voir les films de Dany Boon, dans lequel je retrouve la mentalité de ma région. Bon Ok, dans sa filmographie, il y a du très bon et du moins bon. Avec "La vie pour de vrai", on revient dans l'excellence ! Tout est réussi dans ce film à mes yeux ! D'accord, cela reste une comédie familiale sans grande prétention, le genre de film que les critiques officielles aiment assassiner car pas assez intellectuel... Comme si le cinéma ne pouvait plus être plaisir et rire...
Car oui, qu'est-ce que j'ai ri, qu'est-ce ce je me suis esclaffée, qu'est-ce que je me suis bidonnée, réfrénant des fous rires ! Et je n'étais pas la seule, mais bien de concert avec la salle. Ce n'est pas bien compliqué, durant une heure trente, j'ai complètement oublié mon triste état médical actuel.
C'est un film gentil, bienveillant, qui donne la banane, fait du bien. On sait déjà que le duo Boon /Mérad fonctionne, on a plaisir à le retrouver ! Et l'atout charme Charlotte Gainsbourg frappe en plein coeur.
Les situations plus drôles les unes que les autres se suivent, sans lourdeur aucune. Il y a vraiment de belles trouvailles d'humour, avec ce personnage sorti de 50 ans de Club Med, et donc complètement inadapté à la vie. Mais à travers ce film, Dany Boon nous montre aussi le ridicule de la frénésie dans les grandes métropoles, et surtout, il invite quiconque non pas à se regarder différemment, mais à se regarder vraiment... Et de se parler. Simpliste pensez-vous ? Et bien non, car de plus en plus rare. Cela donne des scènes aussi cocasses que très touchantes et tellement vraies... Des petites leçons d'humanité toutes simples, de celles qui, si elles ne changent pas le monde, changent au moins la journée.
Une comédie diablement réussie à mes yeux, avec des dialogues aux petits oignons.
Merci Mr Boon, vous m'avez fait oublier ma vie actuelle de convalescente pendant 1h30 et m'avez montré que mon comportement social habituel n'est pas si ridicule et ne devrait pas être perçu comme inadapté !
Vous avez peut-être remarqué que mon blog avait été laissé subitement à l'abandon, sans annonce de départ en vacances ou autre !
Certains d'entre vous, étant de mes très proches le savent, d'autres l'ont appris par Facebook, d'autres encore l'ignorent...
Le dimanche 16 avril, je suis partie en ambulance aux Urgences de St Malo, dans un état et avec des symptômes qui ne m'étaient pas inconnus, car déjà vécus... Qui pouvaient être un nouvel AVC, une nouvelle Névrite vestibulaire... ou tout autre chose dont la médecine a le secret...
Le Scanner a écarté pas mal de chose... Et le diagnostic posé par les ORL est donc Névrite vestibulaire... La 2ème pour moi, puisque j'en ai eu une de ma même intensité en 1999.
Inflammation du nerf vestibulaire donc pour chaque mouvement du corps, de la tête et des yeux, c'est vertige, nausée, vomissement... Inhumain, intolérable. J'ai vécu 48 h en enfer.
Avant de commencer à me rassoir sur mon lit avec vertige mais sans vomissement, puis de faire des petits déplacements jusqu'aux toilettes avec un déambulateur, puis dans les couloirs de l'hôpital.
Je suis rentrée chez moi depuis vendredi soir, et "Môman" prend soin de moi ! Bons petits plats (mon congel déborde, j'ai dû faire stopper la chaine de production LOL ), RDV médicaux, courses, petites promenades où je tiens le bras de Môman qui marche pour l'instant bien plus vite que moi !
Il y a l'extrême fatigue, les 1ers jours chez moi, je dormais comme un chat : 18h par jour.... Et une lente rééducation qui commence... Je pense qu'il me faudra (comme la 1ère fois), environ 3 mois pour retrouver mon aisance de mouvement, ma liberté de déplacement (évidemment, je suis interdite de conduite de voiture). Je garderai certainement des séquelles comme la première fois... (par exemple, devoir m'assoir pour enfiler un pantalon, ne pas marcher droit dans le noir, des petites pertes d'équilibre ponctuelles.... et le plus souvent, invisibles aux yeux des autres. Sauf que en 1999, c'était l'oreille droite, là c'est la gauche. Donc séquelles cumulées des deux côtés. L'ORL m'a dit que j'allais récupérer, mais que je ne pourrais peut-être plus être secouée... Pourrais-je redanser le Madison avec mes copines cet été, cette danse que je pourrais danser des heures sans m'en lasser, comme en transe ? A suivre.
Pourquoi je me suis chopée cette névrite vestibulaire (sans doute virale sur terrain de grosse fatigue). Ces dernières semaines, je me sentais fatiguée, vite agacée... Bref, il va falloir aussi que je reconsidère un peu l'organisation de ma vie, si tant est qu'elle soit organisée justement. Apprendre à me poser plus, à ne pas forcément vouloir être sur tous les fronts, tout assumer, tout accepter, être là pour tout le monde. Bref, il va y avoir aussi un travail à faire sur moi.
Au delà de l'enfer médical, le moral en a pris un coup sur le coup... Car je loupe donc la plus belle saison de l'année, celle de tous les possibles , le printemps. Celle où la vie sociale reprend sur la côte après une petite hibernation, où mes villes balnéaires s'animent de nouveau et surtout, la période ornithologique la plus intéressante de l'année : la migration, la période nuptiale, la naissance des petits ! Donc j'enrage de me trouver prisonnière... et surtout dépendante des autres pour me déplacer, ne serait-ce que pour aller au ciné de temps en temps.
Lire, écrire, me concentrer est très difficile ! Parler me fatigue, le bruit et les mouvements des autres m'épuisent.
Je termine un livre que je dois rendre d'urgence à la bib', ça tombe bien je l'ai emprunté en format adapté aux malvoyants, seul format dispo à la bib pour ce titre que je tenais à lire.
J'ai 2 BD empruntées aussi, dont une déjà lue.
Ensuite, la solution pendant quelque temps, va être le livre audio ! Ca tombe bien, j'ai aussi une sacrée PAL dans ce format ! Mais le plus urgent à mes yeux et de retrouver au plus vite ma liberté de crapahutage avec mon appareil photo !
Ami(e)s de la blogosphère, si je passe moins chez vous ces temps-ci, en voilà la cause... Difficulté à lire et grosse fatigue.
Avec François Civil, Romain Duris, Vincent Cassel, Pio Marmaï, Eva Green, Lyna Khoudri
Synopsis : Du Louvre au Palais de Buckingham, des bas-fonds de Paris au siège de La Rochelle… dans un Royaume divisé par les guerres de religion et menacé d’invasion par l’Angleterre, une poignée d’hommes et de femmes vont croiser leurs épées et lier leur destin à celui de la France.
Mon humble avis : The job is done ! Le très bon divertissement est là, des décors somptueux, des costumes magnifiques, une interprétation impeccable avec un casting de rêve, de l'action, de l'humour juste ce qu'il faut. Une version bien rythmée et remise au goût du jour du célèbre roman de Dumas.
Dès le générique de début, je me suis dit ça commence bien, car un court texte nous rappelle la situation géopolitique de l'époque. Ensuite, l'histoire du collier de la Reine etc, on la connaît, on la suit avec plaisir et étrangement avec toujours autant de suspense (et oui, on tremble tout de même du fait que D'Artagnan puisse ne pas arriver à temps !!!).
Par contre, ce sera mon seul reproche sur ce film... Ce qui est autour des 3 mousquetaires et de cette affaire de collier reste assez nébuleux et pas très limpide à bien comprendre. On a du mal à saisir qui est qui dans les rôles secondaires (à part le roi et la reine évidemment), l'influence de ses personnages qui semblent éminents... De même, beaucoup de scènes sont tournées dans l'obscurité, et empêche peut-être de bien saisir les tenants et les aboutissements de celles-ci. Pour le spectateur qui voudrait comprendre dans le détail les histoires politiques qui se jouent, et bien sans scénario dans les mains, ce n'est pas évident.
Mais mine de rien, on ne peut être qu'admirative devant l'énorme travail et toute la mise en oeuvre exceptionnelle pour réaliser un film aussi ambitieux. Titanesque ! En fait, je me demande : depuis la naissance du projet de film à son aboutissement, tous métiers confondus, combien de personnes ont travaillé sur ce film !!! Ca doit être énorme !
Certaines scènes ont été tournées à St Malo. Pas facile de savoir lesquelles... je pense aux scènes nocturnes et pluvieuses ainsi que quelques unes diurnes dans des ruelles...
Parution Pocket octobre 2022 (Les presses de la cité 2021)
L'histoire : Neven, ancien aviateur reconverti en mécano sur un aérodrome, et Andie, jeune détective privée, sont recrutés par un richissime homme d'affaires pour mener une enquête et résoudre un mystère vieux de plusieurs décennies : Qui a tué le Petit Prince, et qui a tué Antoine de Saint Exupéry ? A bord d'un Falcon, d'îles en îles, ils parcourent la planète et rencontre les membres du club 612, celui des fans et experts du Petit Prince.
Tentation : La blogo
Fournisseur : Cadeau de Noël
Mon humble avis : J'ai vu ce livre sur la blogo, puis sur les étals des libraires, alors hop, direction sous le sapin !
Bon je vais être directe, la rencontre ne s'est pas vraiment faite, et à bien manqué ne pas se faire du tout. Les premières pages m'ont amusée, la suite m'a lassée, j'avais l'impression de brasser de l'air, que les questions comme les situations se répétaient sans cesse, et que chacun contredisait l'autre, bref, que l'on tournait en rond. Est-ce le Petit Prince qui a tué St Exupéry ou St Exupéry qui a tué le Petit Prince ?
Et puis les 40 dernières pages ont inversé la situation et réveillé mon intérêt et mon plaisir de lecture. Mais je pense que je suis partiellement coupable de ce manque d'enthousiasme. Peut-être que je n'ai pas su lire ce roman avec l'enfant qui est en moi, que j'ai laissé toute la place à l'adulte. Et puis, j'avoue, je crois que je n'ai jamais lu le Petit prince, je n'en connais que quelques bribes, les plus célèbres. Honnêtement, je pense que si j'avais lu (ou relu) le Petit prince récemment, j'aurais peut-être trouvé admirable la construction du roman, je pense très parallèle (tant dans l'aspect voyage îles / planètes que dans les personnages, depuis Neven et Andie, jusqu'aux membres du club 612, qui sont tous une "réincarnation" de ceux du roman le plus traduit et le plus vendu au monde !)
Jusqu'à maintenant, Saint Ex se résumait pour moi à l'aéropostale, à vol de nuit, au Petit Prince. Aussi, je suis contente de mieux connaître sa vie, son oeuvre etc. J'ai apprécié aussi les dialogues à portée philosophique entre les personnages, toujours en rapport avec l'oeuvre d'Antoine de St Ex sur la rose, etc. Bref, c'est une explication / vision du texte très intéressante tout de même proposée ici par Michel Bussi, toujours d'actualité, voire plus que jamais, dans la portée humaniste, écologique etc. Et je ne considèrerais plus jamais les fameuses citations : "On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux" et "Tu es responsable de ce que tu as apprivoisé"... Je vous laisse le plaisir de découvrir ce que pourrait être les sens réels de ces phrases que l'on connaît tous.
Bon ben c'est pas tout, moi, il me reste à lire le Petit Prince du coup. Et je pense que toutes celles et tous ceux qui liront code 612 auront envie de redécouvrir le petit prince à la lueur d'un autre réverbère.
PS : Evidemment, ce qu'écrit Michel Bussi est inspiré d'une longue recherche et d'une grande documentation sur le sujet. Bref, y'a du boulot derrière !!!
Avec Leïla Bekhti, Miou-Mioy, Gilles Lellouche, Dali Benssalah, Adèle Exarchopoulos, Elodie Bouchez, Fred Testot
Synopsis : Depuis 2014, en France, la Justice Restaurative propose à des personnes victimes et auteurs d’infraction de dialoguer dans des dispositifs sécurisés, encadrés par des professionnels et des bénévoles comme Judith, Fanny ou Michel.
Nassim, Issa, et Thomas, condamnés pour vols avec violence, Grégoire, Nawelle et Sabine, victimes de homejacking, de braquages et de vol à l'arraché, mais aussi Chloé, victime de viols incestueux, s’engagent tous dans des mesures de Justice Restaurative.
Mon humble avis : Depuis début 2023, j'ai plus de chance avec les choix de films que mes choix de lecture !
Ce film est à voir absolument. Bon, il n'est pas fun, pas divertissant, mais tellement instructif. C'est le genre de film qui ne s'arrête pas avec le générique de fin, mais qui poursuit son chemin de réflexion et de questionnement bien après...
J'ignorais tout à propos de la Justice Restaurative, même son existence. Jeanne Herry met en scène et filme parfaitement ce long processus. Parole est donnée aux victimes, et aux délinquants (ici vols avec violence, et un cas de viol incestueux)... Mais nous ne sommes pas dans un palais de justice, et point de témoignages cadrés mais ici sécurisés, ni de langage journalistique. Des mots, des vrais, pas calculés, sur l'instant.
C'est le coeur, l'âme, le cerveau qui s'expriment librement, dans un respect de quelques règles, mais dans des dialogues constructifs... Petite digression, on se prend à rêver que nos politiciens se comportent aussi bien que ces victimes qui rencontrent des bourreaux... Chacun demande le bâton de parole et ne s'exprime que quand il tient le bâton entre les mains. Personne ne coupe personne, les phrases vont jusqu'au bout... Ainsi, c'est clair, et constructif.
L'aspect inédit de cette justice restauratrice pour nous dans ce film, c'est qu'il donne aussi la parole aux coupables, ce qui permet au spectateur de comprendre leur fonctionnement, leur motivation, leur façon de penser... Sans évidemment les excuser. Mais cela permet à chacun, victimes, coupables et ici le spectateur, de faire un tour sur une rive inconnue, d'observer, d'écouter. Ce sont des vies ratées qui rencontrent des vies gâchées et vice et versa.
Les dialogues sont extrêmement soignés et percutants, ils clouent parfois aux sièges, car c'est là que se joue la tension du film. Car que ce soit du côté des victimes ou des agresseurs, on a affaire à des personnes à fleur de peau, sur le fil, avec qui mille précautions sont à prendre pour éviter explosion ou implosion.
Certaines phrases dites par les coupables font froid dans le dos... Certains se savent coupables mais ne se sentent pas responsables... Or, il y a une quinzaine d'années (ou plus ?) les hommes politiques liés au scandale du sang contaminé se déclaraient responsables mais pas coupables. Et l'on peut se demander à quel niveau de la hiérarchie sociale on peut être responsable et coupable à la fois... Mais ce qui est clair, c'est que l'on ne nait pas tous égaux au niveau de l'intelligence, de l'éducation, de l'empathie... même si ceci n'excuse pas cela. Chacun est censé être responsable de ses choix et de ses actes, ou enfermé en HP.
Mais ce film, inspiré de faits réels, prouve qu'une graine de solution existe... Et elle s'appelle le dialogue et l'écoute, qui mènent parfois à une prise de conscience réelle du mal qui a été fait et de ses conséquences multiples. Mais tout cela prend du temps, et nécessite du cas par cas, et nous sommes dans une société qui courre et ne peut pas s'offrir ce luxe du cas par cas.
Alors certes, la fin est peut-être trop "belle", trop "positive" pour être franchement réaliste, mais elle met une graine d'espoir dans une société désunie qui en manque sacrément. Et puis, on est tout de même dans une salle de cinéma, donc la réalisatrice nous montre des exemples où la justice restaurative réussit. On peut imaginer qu'il y a aussi des échecs.
Inutile de s'étendre sur les comédiens, ils sont juste tous parfaits, au diapason. Ils incarnent vraiment leurs personnages, on oublie que l'on a affaire à des comédiens. Quel casting hors-pair !
Et, je tiens à rendre hommage aux professionnels et aux bénévoles qui gèrent cette justice restauratrice, et qui vont ainsi au-devant de situations bien difficiles et délicates, mais qui, après un très long travail, aboutissent à des "soulagements" des victimes par la prise de conscience réelle du crime commis par les agresseurs. La reconstruction des victimes peut alors commencer.
Un film humaniste, proche du documentaire, d'une intelligence et d'une finesse exceptionnelles que je conseille donc très fortement... et qui n'est pas plombant, soit dit en passant, qui nous cloue à notre fauteuil, qui nous fait souvent retenir notre respiration...
Synopsis : Un soir d’ivresse, Pierre, écrivain explorateur, fait une chute de plusieurs étages. Cet accident le plonge dans un coma profond. Sur son lit d’hôpital, revenu à la vie, il se fait la promesse de traverser la France à pied du Mercantour au Cotentin. Un voyage unique et hors du temps à la rencontre de l'hyper-ruralité, de la beauté de la France et de la renaissance de soi.
Mon humble avis : C'est un beau film certes, mais j'en attendais un peu plus... Le rythme est lent, logique, on suit Sylvain Tesson pas à pas et donc à pied, mais les incessants flash-back sur l'accident, les temps qui l'ont précédé et suivi cassent un peu cette sérénité qui nous atteint. Plutôt que ces incursions citadines et souvent bruyantes, j'aurais préféré partager un peu plus des rencontres paysannes et locales que Tesson a dû faire en chemin.
Un film sur la reconstruction d'un homme au corps blessé, qui doit le réparer pour garder libre son âme vagabonde. On n'enferme pas Sylvain Tesson.
Les paysages traversés sont magnifiques... et vides... En sortant de la salle, je ne suis demandée pourquoi nous montrer une nature qui paraît aussi morte... A part un rapace à un moment, pas un animal sauvage, pas de pépiement d'oiseaux, alors que la solitude et la discrétion de Tesson ont certainement été propices à quelques rencontres sauvages.
Les réflexions sur notre époque, notre société, la solution de la fuite font mouche et l'on y reconnait bien le personnage Tesson quand on le connaît un peu via ses livres, ses apparitions télé, ou cinématographiques (CF la panthère des neiges).
Jean Dujardin fait bien le job, sobrement, dans un personnage épuré.
Il m'a semblé qu'à un moment, Sylvain Tesson fait une courte apparition en tant que figurant.
Mais cela reste un beau film sur la réparation, l'endurance, le courage. Un film qui montre aussi que la vie peut être gâchée par quelques instants de bêtise... Un film qui donnerait bien envie de prendre le temps, et de parcourir ces chemins noirs loin de toute cette agitation actuelle.
L'histoire : En Finlande, l'ingénieur Jaatinen est chargé de construire un nouveau pont, près de la petite commune Kuusmäki. Sauf que sur place, ces méthodes peu conventionnelles ne plaisent pas aux notables locaux, qui feront tout pour provoquer son renvoi. Un peu plus tard, mine de rien, avec délicatesse et ruse, Jaatinen met en oeuvre une vengeance qui prendra dans son piège ses détracteurs. Cet homme qui ne devait que passer le temps de la construction d'un pont, changera à jamais la vie de la commune.
Tentation : Ma PAL
Fournisseur : Ma PAL
Mon humble avis : Allez, un petit tour en littérature finoise !
Un homme heureux aurait pu commencer par "once upon a time". Voici un roman qui offre un plaisir assez jubilatoire, sans en faire des tonnes. Les situations cocasses ne manquent pas et pourtant, rien de vraiment farfelu ! Il règne dans cette histoire une ambiance qui n'est pas sans rappeler Don Camillo et Peppone. Point de guerre de clochers ici, mais une guerre d'égo, entre les notables ancienne école de la commune, très attachés à leurs sièges et à leurs pouvoirs communaux... et Jaatinen, le jeune ingénieur, l'étranger qui vient de la capitale, et qui applique ses propres méthodes... non conventionnelles mais très humaines. Sa façon de motiver ses troupes ? Sympathiser avec les ouvriers, leur offrir du repos, et mouiller lui aussi sa chemise autant qu'eux ! On n'a jamais vu ça dans la petite ville.
Donc l'ingénieur dérange. Lui qui n'a que l'ambition du travail bien fait. Son succès, forcément suspect, va se confronter à la haine jalouse des notables et dirigeants de Kuusmäki. Peu finauds ceux-ci vont ruiner sa carrière, pour un temps. Ce qui se retournera contre eux, chacun leur tour, car Jaatinen, fort de son intelligence réelle, de ses multiples ressources (il est infatigable, hyper actif...) va fomenter un plan de vengeance implacable, qui le mènera là où il n'avait jamais imaginer parvenir, puisque l'idée ne lui était pas venue ! Et ce qui est très drôle, c'est que dans cette vengeance, il est souvent aidé à son insu par la propre bêtise de ses ennemis qui se tirent eux-mêmes les balles dans le pied. Tout cela est assez drôle à lire, les pages se tournent toutes seules. Nous suivons le destin d'un homme dont personne ne veut... et qui à force d'ingéniosité va devenir incontournable.
Une histoire vraiment sympa qui montre bien que l'on a tout à gagner en étant le plus humain possible, que l'ambition peut mener loin, tandis que la haine et la jalousie conduisent à la perte.
Tout cela servi par l'humour subtile et la plume limpide d'Arto Paasilinna qui excelle dans l'ironie discrète pour se moquer de quelques-uns de ses concitoyens !
L'histoire : Elsa Feuillet, lyonnaise, est une romancière méconnue, fan de la célèbre Béatrice Blandy, écrivaine renommée. Fan au point de lire et relire ses romans, mais pas au point de faire la queue dans un salon pour la rencontrer.
Béatrice Blandy décède d'un cancer. Quelque temps plus tard, Elsa rencontre l'époux de la défunte. Une idylle naît entre eux. Elsa va peu à peu se glisser dans la vie de son autrice fétiche...
Tentation : Le hasard
Fournisseur : La bib' de Dinard
Mon humble avis : Le hasard fait parfois bien les choses. L'autre jour, je passais par la médiathèque, voir les romans disponibles sur la table des nouveautés. Pas grand-chose... Je ne connais l'écrivaine Carole Fives que de nom, aussi, je me suis dit qu'elle avait peut-être quelque chose à me dire !
Et je ne me suis pas trompée, j'ai dévoré ce roman en 24 heures. Et cette lecture rythmée, prenante, addictive même, m'a fait beaucoup de bien.
Pourtant, le point de départ de l'histoire n'est pas exceptionnellement original et la direction qu'il prend non plus... Il y en a eu déjà, des livres mettant en scène des écrivains et des possibles usurpation d'identité.
Mais tout est mené avec maestria, la tension monte, tout en restant supportable et distrayante, laissant au lecteur le plaisir d'établir ses propres suppositions quant à l'issue finale... Qui évidemment, surprend je pense tout le monde, même les plus fins esprits.
A un certain moment, l'atmosphère n'est pas sans rappeler "Rebecca" de Daphné du Maurier, d'ailleurs, la référence est tout à fait assumée, le personnage d'Elsa y faisant allusion à plusieurs reprises. Nous ne sommes pas dans un thriller à proprement parler à mes yeux, mais l'ambiance s'en approche dangereusement !!!
Ce roman interroge aussi sur la littérature... le talent, sa source, le droit du lecteur, les petits arrangements entre éditeurs, la différence entre l'inspiration naissant d'une admiration et le plagia etc. Je ne développe pas plus, sous peine de spoiler.
Certes, Carole Fives en dit assez peu sur ses personnages. Cela ne m'a pas dérangée, bien au contraire. Cela évite des descriptions et des digressions interminables, et surtout, cela permet au lecteur de se glisser dans la peau du personnage, celle-ci étant assez lisse pour accueillir quiconque. Un livre vite lu bien lu, ça me va très bien !
La plume est fluide, agréable, directe, elle ne s'encombre pas du superflu, j'ai beaucoup aimé, et je pense que je lirai d'autre roman de Carole Fives, et cette fois-ci, ce ne sera plus par hasard !