Publié le 5 Août 2023

Film Marie Garel-Weiss

Avec Daphné Patakia, Benoît Poelvoorde, Agnès Jaoui

Synopsis : Mimi a presque trente ans et rêve toujours à ce qu'elle pourrait faire quand elle sera grande. Alors qu'elle se décide à chercher du travail, elle fait la connaissance de Paul, un avocat sur la touche. Ensemble ils vont tenter de défendre Christophe, un petit arnaqueur qui clame son innocence. Si Paul voit dans cette affaire un moyen de se refaire, Mimi y voit, elle, une mission, un chemin vers la justice et la vérité.

Mon humble avis : Je suis allée voir ce film parce qu'il pleuvait, parce que j'aime beaucoup deux des acteurs principaux, et que la bande annonce semblait sympa et figurer un film léger et un peu drôle...

Bon, et bien mauvais choix... Je me suis ennuyée... Malgré la bonne surprise d'y voir quelques scènes tournées dans ma ville Dinard et ses environs, le tout sous le soleil. Mais je n'ai pas ri, j'ai concédé quelques sourires. Soit le film est complètement décalé et cela m'a échappé (bon il l'est un peu ça c'est sûr), soit il manque de consistance, d'ampleur, de régularité.

Quelques réparties sont bien senties, mais d'autres sont murmurées et l'on n'en entend pas la fin, cela m'agace profondément. Comme si une fois le montage fait, seules des personnes connaissant les dialogues par coeur regardaient le film, et ne se rendaient pas compte que nombre de phrases sont inintelligibles. Le film aurait gagné à être complètement burlesques, ou alors juste drôle. Mais il n'est rien de tout cela vraiment, puisque l'on apprend très vite que Mimi souffre d'une pathologie psychiatrique, qu'elle sort de clinique, qu'elle est donc en souffrance. Et quoiqu'il en soit, l'ensemble paraît très invraisemblable. 

Reste le charme indubitable et le talent de Daphné Patakia, qui porte l'ensemble, même ses collègues ultra confirmés qui donnent l'impression de patauger.

Bref, je ne conseille pas... Bof bof, malgré un début prometteur.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 31 Juillet 2023

Film de Christopher McQuarrie

Avec Tom Cruise, Hayley Atwell, Ving Rhames, Simon Pegg

Synopsis : Dans Mission: Impossible - Dead Reckoning Partie 1, Ethan Hunt et son équipe de l’IMF se lancent dans leur mission la plus périlleuse à ce jour : traquer une effroyable nouvelle arme avant que celle-ci ne tombe entre de mauvaises mains et menace l’humanité entière.

Le contrôle du futur et le destin du monde sont en jeu. Alors que les forces obscures de son passé ressurgissent, Ethan s’engage dans une course mortelle autour du globe. Confronté à un puissant et énigmatique ennemi, Ethan réalise que rien ne peut se placer au-dessus de sa mission - pas même la vie de ceux qu’il aime.

 

Mon humble avis : Film vu la semaine dernière, avec mes neveux et nièces...

Bon j'avoue, au fil des ans et des films je ne sais plus trop quoi dire sur ce genre de franchise... Et j'ai l'impression encore aujourd'hui que je pourrai faire un copier /coller de mon billet sur Mission Impossible 6 et tout le monde n'y verrait que du feu... Puisque l'on est toujours sur les mêmes canevas, les mêmes découpages, les touches d'humour les mêmes rythmes... Et que le film est toujours composé entre autres d'une course poursuite en pleine ville, de cascades et d'effet spéciaux époustouflant. Alors on est surpris sans l'être, car l'on a ce que l'on attend, ce pourquoi on est venu s'asseoir 2h45 dans une salle obscure.

Le job est carrément bien fait par chacun, le divertissement est là, le suspense avec, et on est vraiment devant un spectacle... spectaculaire. Tout le monde mouille bien sa chemise dans ce film, mais évidemment, après une course folle, des scènes d'action phénoménales et épuisantes, les chemises sont toujours bien propres et bien repassées sans faux plis, et pas une trace de transpiration !

Comme d'hab, je veux bien payer un coup à celui qui saurait me résumer le film et me présenter clairement qui/ce qu'est vraiment l'Entité, car les ennemis sont de moins en moins palpables... En effet, la franchises surfe toujours sur l'actualité contemporaine... Et là, Mission Impossible met en garde contre les dérives de l'IA (l'intelligence artificielle)

Si vous vivez au Nord de la France, allez donc voir ce film pour tromper votre ennui face au temps pourri. Si vous habitez dans le sud, un peu d'air climatisé et un très bon film d'action vous redonnera du peps !

Et évidemment, on en peut être qu'admiratifs devant tout le travail nécessaire en amont pour réaliser une telle production, tournée en pleine crise du Covid. 

Une séquence a pris 15 mois de préparation, et l'infatigable Tom Cruise a effectué 536 sauts d'entrainement en parachute / Base jump. 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 15 Juillet 2023

Petite pause estivale pour le blog...

Pour profiter de la plage, de la mer, du plein air...

Pour tenter la lecture de quelques pavés...

La pause sera peut-être interrompue si je vais au ciné, l'actualité ciné passant très vite, les billets seront immédiats.

On se retrouve fin août ;)

D'ici là, je vous souhaite de bonnes vacances pour celles et ceux qui ont la chance d'en avoir, et de très chouettes lectures !

A bientôt,

 

Géraldine

(En photo, coucher de soleil depuis Lancieux)

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Quizz - tags et vrac !

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Publié le 11 Juillet 2023

Film d'Alex Luth

Avec Karine Viard et Alex Luth

Synopsis : Paris, métro bondé, un soir comme les autres.
Une femme bouscule un homme, ils se disputent. Très vite le courant électrique se transforme… en désir brûlant. Les deux inconnus sortent de la rame et font l’amour dans la cabine d’un photomaton.
La nuit, désormais, leur appartient.
Dans ce Paris aux rues désertées, aux heures étirées, faudra-t-il se dire au revoir ?

Mon humble avis : Difficile de trouver des films qui me fassent vraiment envie ces derniers, temps, car toutes les productions ne passent pas à Dinard / La Richardais. Alors je me suis laissée tentée par "Une nuit", qu'Alex Luth m'avait bien "vendu" lors de son passage dans "C'est à vous" sur France 5 il me semble.

Le film s'ouvre fidèlement à ce que l'on "attend" ou imagine de lui... Les réparties claquent, et la situation incongrue capte l'attention. Après le coït photomaton, Karine Viard et Alex Luth errent toute une nuit dans Paris. Et comme la nuit permet tout, surtout sans promesse de lendemain, ils se livrent, discutent intimement... Ce sont donc des conversations existentielles qu'ils partagent, sur le couple, le chemin parcouru dans une vie, le tout parfois avec un brin de provocation, histoire de pousser l'autre dans ces retranchements et d'émotions aussi.

Oui, mais voilà au bout d'une demie heure, l'ensemble s'étiole, les dialogues ne paraissent plus si travaillés, les conversations se suivent sans jamais vraiment aboutir en apparence... J'ai eu des impressions de fausseté dans les situations, même si certaines donnent à réfléchir... Et j'ai fini par m'ennuyer ferme... On sait que cette histoire s'achèvera au matin, alors il me tardait que le soleil le lève, pour que je puisse quitter mon siège... 

Et voilà que le soleil parait, et que les dernières minutes du film, très révélatrices, donnent une toute autre vision de cette histoire, qui d'un seul coup, bouleverse et donnerait même envie de revoir le film, à travers le filtre de cette fin, et de l'apprécier ainsi à sa juste valeur.

Dans les débats plus ou moins philosophique, revient souvent la question : qu'est le plus important, le chemin ou la destination finale... Logiquement, il est de bon ton de répondre que ce qui compte, c'est le chemin, peu importe où il mène. Et bien avec Une nuit, je dirai que c'est la destination qui prime, avec un chemin pas tout à fait adroit à mes yeux. On est ici très loin d'une simple ou d'une énième histoire d'adultère... 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 9 Juillet 2023

Bonjour !

Je suis à la traine, je n'ai toujours pas terminé mon petit reportage photo de mes dernières vacances, en Baie de Somme, en février dernier !

Donc voici le dernier billet, consacré à St Valéry sur Somme, à un endroit appelé "Encloture", à des extraits gourmands du séjour, et enfin, à un coucher de soleil sur le Hable d'Ault.

La Baie de Somme est vraiment un lieu extraordinaire pour observer des couchers de soleil majestueux !

Je vous souhaite un bon dimanche !

Et bientôt, je vous souhaiterai de bonnes vacances, encore un ou deux billets, et ce blog prendra une pause estivale :)

Saint Valéry sur Somme

Saint Valéry sur Somme

Saint Valéry sur Somme

Saint Valéry sur Somme

Saint Valéry sur Somme

Saint Valéry sur Somme

Saint Valéry sur Somme

Saint Valéry sur Somme

Saint Valéry sur Somme

Saint Valéry sur Somme

Saint Valéry sur Somme

Saint Valéry sur Somme

Saint Valéry sur Somme

Saint Valéry sur Somme

Enclôture tôt le matin, sous le givre

Enclôture tôt le matin, sous le givre

Enclôture un peu plus tard....

Enclôture un peu plus tard....

Enclotûre en fin d'après midi

Enclotûre en fin d'après midi

Enclotûre

Enclotûre

Enclôture

Enclôture

Parmi les délices de la semaine.

Parmi les délices de la semaine.

Clap de fin sur cette semaine extraordinaire :)

Clap de fin sur cette semaine extraordinaire :)

Le pont de Normandie, vrai signe du retour vers la Bretagne !

Le pont de Normandie, vrai signe du retour vers la Bretagne !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyage en France et ses iles

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Publié le 7 Juillet 2023

Roman - Editions Buchet Chastel - 128 pages - 16.50 € 

Parution le 5 janvier 2023

L'histoire : Dans les années 60-70... Celle d'une famille paysanne, qui vit isolée de tous, là haut, dans la ferme tout près de la Santoire dans le Cantal. Elle a épousé Pierre, ensemble ils ont acheté cette ferme qui leur donne une place. Cinq enfants en trois ans la laisse exsangue dans un corps qui ne lui appartient plus, et qui n'intéresse plus Pierre, pire, qui la dégoûte...

Tentation : Un moment que je n'ai pas lu MH Lafon

Fournisseur : La boîte à livre en bas de chez moi.

 

 

Mon humble avis : Six ans que je n'ai pas lu d'ouvrage de Marie Hélène Lafon, et voici que je tombe sur ce titre, une nouveauté qui plus est, dans la boite à livres (en fait cabine de plage à livres !) en bas de chez moi. Il n'y a pas à se poser de question. Je prends !

Avant de rédiger ce billet, j'ai reparcouru ceux écrits sur les trois romans que j'ai lu de la romancière cantalienne : L'annonce, Les pays, et Joseph, histoire de me remettre ses lectures en mémoire. Avec Les Sources, je pourrais faire un mixte des trois.

Ici, Marie Hélène Lafon aborde la violence conjugale... qui plus est dans un milieu fermé, isolé où l'on est souvent taiseux mais où la réputation compte. Evidemment, l'autrice use de mots précis, sans superflu pour décrire la situation invivable mais qui paraît inexorable et sans échappatoire, l'âpreté et la rudesse du milieu. La peur au ventre et les coups mis en balance avec le rang social obtenu, et la peur du qu'en dira-t-on, les divorcées sont tellement montrées du doigts dans ces années-là. Le tout, dans une époque où l'homme, qui ne se remettait pas en question, ne pensait avoir que des droits. Et la mission première des femmes, était d'être un ventre qui donne la descendance. 

L'altération et l'éreintement du corps de la mère, le saccage de sa vie sont bien décrits, mais de façon surtout factuelle. Ce sont les gestes qui disent le reste, qui disent ce qu'il faut taire. Au lecteur de lire entre les lignes... La violence est suggérée mais pas réellement décrite.

Le texte est à la troisième personne du singulier, "elle", dont on ne connaîtra jamais le prénom. Et ce choix narratif, une fois de plus, m'a laissée assez extérieure au récit, qui se déroule dans une atmosphère étouffante accentuée par une écriture soignée certes, juste pour le propos, mais tellement monotone, et souvent répétitive... Ces impressions furent exactement les mêmes lors de mes précédentes lectures citées plus haut. Aussi j'ai cette sensation que de livres en livres, les paysages, les us et coutumes décrites, les sujets abordés (tel que l'évolution de l'agriculture et la fin d'une certaine paysannerie) sont (trop?) récurrents. Et de même, la fin (dont est extraite la quatrième de couv), et qui advient plus de 55 ans après le début de l'histoire, laisse tout à fait sur la faim, ne donnant aucune nouvelle des personnages.

Il y a sans aucun doute beaucoup d'autobiographie dans ces pages, on retrouve Claire, le personnage du roman "Les pays", qui était lui-même un double très proche de Marie Hélène Lafon. Dans les descriptions physiques d'Isabelle, on devine la romancière aussi. Elle dit être aussi dans le personnage de Gilles. Pour le reste, cette situation de violence conjugale, je l'ignore.

Après, on sait que Marie Hélène Lafon a posé son territoire littéraire dans son Cantal natal et qu'elle tourne autour du monde paysan dans ces romans. Mais je trouve tout de même que cela manque de renouvellement, de surprise. Après, bien sûr, je ne suis pas obligée de lire chacune de ses parutions, ce que je n'ai pas fait d'ailleurs. Et je me demande si je suis faite pour cette littérature. Pas sûr du tout. Car je ne la trouve en fait ni exaltante, ni bouleversante, même si elle me permet de connaître autre chose si éloigné de ma propre vie.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 5 Juillet 2023

Témoignage - Editions Harper Collins - 188 pages - 18 €

Parution en octobre 2022

Le sujet : Le témoignage de Paul El Kharrat, qui s'est fait connaître en gagnant 152 fois l'émission des 12 coups de midi sur TF1 sur son autisme Asperger... Depuis sa prime enfance déjà particulière, en passant par sa difficile adolescence jusqu'à son âge actuel (24 ans), avec entre les deux, le diagnostic qui explique tout mais ne résout pas grand chose, puis la célébrité, et les Grosses têtes. Le tout, au quotidien.

 

 

 

Tentation : Le sujet évidemment

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : Evidemment, je ne pouvais que lire le témoignage de Paul El Kharrat, puisqu'après des années d'errances psy, de sur-médicamentation et de diagnostics erronés, j'ai également été diagnostiquée autiste Asperger entre ma 47 et ma 48ème année.

C'est bien qu'un autiste devienne célèbre, car il attire les projecteurs sur ce syndrome handicapant tellement méconnu, et si vite mal résumé. Après, il n'y peut rien, mais le "hic" je dirais est que Paul est tout de même un autiste hors du commun, avec une hypermnésie exceptionnelle (il retient TOUT ce qu'il lit), donc un don particulier... Et de ce fait, c'est ce que retiennent "les gens"... Autisme asperger = don exceptionnel, génie, savant... Et pourtant, même Paul ne fait pas partie des autistes savants, même s'il s'en approche. Or l'autisme Asperger (par "opposition" à l'autisme de Kanner), est "juste" un Trouble du Spectre Autistique (TSA) sans déficience intellectuelle et cognitive. Et ça, même ma généraliste ne le sait pas, puisque lorsque j'ai évoqué ce livre, elle m'a dit "oui, mais lui, il est Asperger".

Or il y aurait environ 700 000 autistes en France, et pas autant de génies, ça se saurait ! Nous sommes donc des milliers comme moi, autistes invisibles, dont le diagnostic est soit mis au ban du doute par l'entourage et les connaissances, soit pas pris en compte quand il vient tardivement (ben on t'a toujours connue comme ça). Sauf que... j'aimerais parfois pouvoir me reposer ou me lâcher, ne pas être dans la surcompensation maintenant que je sais que c'est de cela qu'il s'agit. Et que certains de mes défauts ne soient plus perçus comme caprices par exemple, puisque je n'y peux sans doute rien.

Si vous lisez ce livre, vous comprendrez beaucoup de choses sur l'autisme et les comportements qui en découlent. Il y a autant d'autismes qu'il y a d'autistes, et en général, l'autisme féminin se manifeste bien différemment du masculin... Tout simplement parce que les filles / femmes savent mieux surcompenser, étant donné le rôle social que l'on attend d'elles.

De ce que je connais de l'autisme, d'après mes lectures et mon vécu, Paul s'approcherait bien de l'autisme féminin. Il parle, beaucoup, il prend de la place !

Je me suis retrouvée dans bien des points que Paul développe au fil des pages... La difficulté face aux changements que je n'ai pas décidé, l'incertitude angoissante devant un agenda qui ne se précise pas ou qui bouge sans cesse, l'angoisse ou l'impossibilité devant d'un choix, même le plus banal qui soit, les difficultés relationnelles (même si je suis sociable et socialisée), la fatigue d'avoir un cerveau en surchauffe continuelle, qui pense H24 ou presque, et amène donc aussi de gros troubles du sommeil, le besoin de connaissances, la pensée en arborescence systématique ou presque sur n'importe quel sujet et que personne ne comprend ou supporte, les manies qui rassurent (lui ses "petites" listes) la colère face à l'absence de vérité ou ce qui me parait illogique, les doubles pensées, la solitude entourée de monde, la rigidité, le besoin de tout comprendre, les surchauffes sensorielles diverses, l'usage de l'humour parfois envahissant et pas toujours maitrisé pour tenter de se trouver une place dans un groupe et camoufler la "panique" intérieure, l'incompréhension variable du système de pensée neurotypique et les périodes de crises générées par trop de colère ou trop de surcompensation. 

Paul est décidemment un garçon sympathique ( qui fait tout pour l'être en tout cas, même s'il est bien conscient de ses maladresses), intéressant et intelligent. Il s'interroge sur nombre de sujets sociétaux. Il est aussi très touchant dans ce témoignage, notamment lorsqu'il évoque la recherche de sa princesse pour la vie, ce qui n'est pas simple. On sent surtout une profonde sincérité dans ses mots, et un sacré réalisme. Il n'idéalise pas, n'élude ni ses limites ni ses défauts, et encore moins les difficultés pour son entourage à le supporter (dans tous les sens du terme) au quotidien. De plus, comme Paul est un gros lecteur doublé d'un amoureux des mots, son style est soigné, agréable, fluide. Et il ne cherche pas non plus à en mettre plein la vue.

Un témoignage à lire évidemment... En oubliant un peu le côté hyper mnésique de Paul pour approcher ce qu'est l'autisme Asperger (ou de haut niveau) en général. Sachant que certains sont bien plus atteints que Paul (avec donc encore plus de difficultés) et que d'autres le sont moins (c'est mon cas). Il y en a chez qui l'autisme transpire à l'extérieur, pour d'autres, ça transpire à l'intérieur, souvent à l'insu de tous. En tout cas, c'est un témoignage accessible à tous, qui ne manque pas d'autodérision non plus et d'un aspect un peu divertissant. Rien de rébarbatif !

 

"Quand les gens me disent : « Mais Paul, calme-toi, repose-toi, vide-toi la tête ! », ils ne comprennent pas que ça m’est impossible. Physiologiquement, psychologiquement impossible. Alors, je ne réponds pas. Ou bien je ris."

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres autres - divers

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Publié le 3 Juillet 2023

Roman - Editions Audiolib - 4h51 d'écoute - 19.90 €.

Parution Audiolib 2023 (Les éditions Noir sur Blanc août 2022)

L'histoire : « Tu ne seras jamais aimée de personne. Tu m’as dit ça un jour. Tu vas rater ta vie. Tu m’as dit ça aussi. De toutes mes forces, j’ai voulu faire mentir ta malédiction »

Il lui avait dit ça le Père... Et pourtant, quand son frère Olivier l'appelle pour lui dire que l'état de ce père va déclinant dans l'oubli qui efface les souvenirs, Isabelle rejoint les montagnes de son enfance, qu'elle a désertée depuis si longtemps. Elle y retourne mais redoute tellement les retrouvailles, la confrontation avec ce père qui n'a jamais su la regarder, lui prêter de l'attention, l'aimer comme elle en aurait eu besoin.

Tentation : Blogo + nom de l'auteur

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : C'est encore un texte magnifique que nous offre ici Gaëlle Josse, servi en premier lieu d'une écriture sublime, dont les mots tantôt caressent, tantôt transpercent, mais atteignent toujours leur cible, tant ils sont choisis avec soin et élégance.

Oui, malgré la dureté du sujet, le ton est plutôt doux amer, même s'il est entrecoupé des silences de distances, de maladresses, de non-dits, de décennie d'incompréhension et d'absence de communication.

Isabelle a tout fait pour fuir la maison familiale et les montagnes alentours, qui engloutissaient régulièrement ce père guide de montagnes taiseux, colérique, intransigeant, incapable de l'aimer elle qui était née fille et non garçon, et qui chaque nuit criait de terreur. Elle a maintenant la cinquantaine et a fait sa vie au fond des océans, pour les filmer.

Olivier, le frère, est resté fidèle aux racines familiales et à ce père si particulier, ce père craint, haï parfois, et pourtant aimé et respecté. Nous apprendrons pourquoi dans les dernières pages du livre.

Gaëlle Josse n'a pas son pareil pour narrer une telle histoire. On pourrait s'attendre à des règlements de compte, il n'en n'est point question. C'est une histoire de rencontre, bien tardive certes, mais de rencontre, au crépuscule de la vie, quand les souvenirs et les traumatismes sont enfin racontés par le père, avant d'être enfouis par la maladie de l'oubli. Quand enfin le silence se brise. Car le sang du père, ce caractère si invivable, a pris racine il y a longtemps, de l'autre côté de la Méditerranée, quand presque encore gamin, il s'est retrouvé malgré lui, au coeur de ce que certains ont appelé "les événements" et d'autre "la guerre".

Gaëlle Josse déploie une fois de plus son incroyable talent pour raconter l'intime, tout en restant pudique. Elle montre les conséquences de l'Histoire sur ceux qui la vivent et sur leur descendance, et comment, avec ce fardeau invisible, chacun construit au mieux sa propre histoire, son propre chemin de traverse et de survie, avant parfois, de retrouver une route commune.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 1 Juillet 2023

BD - Editions Dargaud - 178 pages - 27 €

Parution en septembre 2022

L'histoire : En 1967, un Allemand fait visiter le Pays basque à sa femme. Dans le bâtiment où il était cantonné durant la Seconde Guerre mondiale, et qui était alors une auberge, il retrouve par hasard Léo, jeune fille à l'époque. Cette rencontre inattendue plonge celle-ci dans son passé en la confrontant à ses souvenirs. Certains lui rappellent des moments agréables, d'autres se révèlent plus douloureux. Vingt-cinq ans plus tôt, Léo traversait la guerre en vivant en secret une histoire d'amour avec Félix, un soldat allemand, tout en travaillant comme serveuse dans l'auberge familiale avec sa grande soeur. 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Un très bel album, très agréable au toucher, dont on tourne les pages avec plaisir. Les dessins sont expressifs, élégants, plus joyeux que le contexte, et nous plongent dans différentes époques, depuis 1942, en pleine occupation allemande dans les alentours de Biarritz, jusqu'à presque de nos jours, en compagnie des petites filles de l'héroïne, Léo, de son vrai nom Léocadia.

Léo était toute jeune femme en 1942 et travaillait dans l'auberge familiale, occupée elle-même par des Allemands... Dont Felix, aussi jeune qu'elle, dont elle tombe amoureuse, et avec qui elle partage une relation discrète parce qu'interdite, et mal jugée. Un peu plus tard, Felix est envoyé sur le front Russe, elle ne le reverra jamais.

Parallèlement, Léo, intrépide et éprise de liberté, mène une vie de jeune fille de son époque (les bals etc) dans une situation particulière : le rationnement, le marché noir et ses risques, la disparition inexpliquée d'une amie, et la résistance. Car malgré son amour pour Felix, Léo cachait un homme recherché par les allemands pour le faire passer en Espagne.

Pourquoi Léo en petits morceaux ? Parce que des années après la guerre, Pierre, le mari de Léo, trouve une boite secrète dans laquelle Léo gardait des photos de l'époque, et des photos de Felix. De rage, Pierre déchire ces photos en petits morceaux.

Ces photos déchirées et crénelées, on les retrouve au fil des pages, sur du papier calque, qui se superposent donc au reste des souvenirs, ou retrouve leur entièreté grâce au dessin de la planche.

Léo en petits morceaux, aussi parce que cette histoire n'est pas linéaire, mais va de souvenirs en souvenirs, de tranche de vie en tranche de vie, et saute d'une époque à l'autre.

Cette histoire touchante, très agréable à lire, qui amène à ne pas juger, est celle de la grand-mère de l'autrice.

Un bel ouvrage, plein de charme, que je vous conseille.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 29 Juin 2023

Thriller - Editions Pocket - 480 pages - 9.20 €

Parution Pocket mars 2023 (Michel Lafon avril 2022)

L'histoire : Sur l'île de Saint Pierre (et Miquelon)... Une maison isolée, une véritable forteresse imprenable, protégée par des vitres pare-balles... C'est là que s'est retranché Coste, qui depuis six ans, y reçoit des pensionnaires pour des missions classées secret défense. Alors que les brumes de Capelans s'apprêtent à couvrir l'île pour trois mois, Coste y protège Anna, tandis que le monstre, son bourreau et ennemi public numéro 1, la traque, de beaucoup plus près que prévu.

 

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Prêt de mon neveu

Mon humble avis : Eh bien, on termine ce thriller épuisé car il est impossible de ne pas lire les soixante-dix dernières pages d'une traite, tant le suspense est haletant... Et que les retournements de situation se poursuivent jusque dans l'épilogue.

Les Brumes de Capelans s'ouvrent sur deux histoires qui vont très vite se rejoindre. On retrouve le Victor Coste (flic héro de la trilogie de Norek que je n'ai pas lue), qui, brisé suite au décès de l'un de ses collègues, s'est retiré à sur l'archipel de St Pierre et Miquelon.  Il est le gardien d'une Safe House, et il recueille le témoignage un hacker du grand banditisme pour faire tomber un réseau. Il fait donc partie du programme de la protection des témoins et des repentis.

Pendant ce temps, en métropole, une enquête qui malmène le flic Russo depuis dix ans touche enfin à sa fin... En pénétrant une maison isolée et suspecte, la police trouve la neuvième victime du Monstre... En 10 ans, neuf adolescentes enlevées, disparues... Surprise, dans la cave, la police trouve Anna, qui n'est autre que la dixième victime, mais en fait la première... Une décennie plutôt, lors de la disparition d'Anna, étant donné un contexte familial particulier, la police avait conclu à une fugue.

Anna, seule victime survivante du Monstre, traumatisée par dix ans d'enfermement, sera la prochaine protégée de Coste... En douceur, il devra la faire parler, la plonger dans ses souvenirs enfouis ou refoulés pour que le Monstre puisse être arrêté.

La blogo que je fréquente, qui a fait l'éloge de ce roman, ne s'est pas trompée ! Ce thriller est excellent, captivant, un vrai page turner. Il est rondement bien mené et documenté, tout y est très bien expliqué et le dénouement est limpide, même s'il reste quelques petites zones d'ombres qui auraient mérité un éclaircissement (comme le rapport d'Anna avec les chiens indomptables) Mais le lecteur n'est pas laissé de côté, il a globalement les informations en même temps que l'équipe de la police, et à lui de s'amuser à se faire une idée. Et on passe la moitié du livre à se dire , "oui, non, peut-être, c'est évident, ah finalement pas tant que ça". Le dénouement ne m'a pas vraiment prise au dépourvu, car quelque part, il n'y avait pas trente-six solutions. C'est sa mise en scène qui rend ce livre extraordinaire. Il advient après la fin, c'est à dire dans l'épilogue, et il est ficelé d'une main de maître, et né d'un détail, d'une étincelle. Je me disais, si c'est ça, comment Norek va-t-il s'y prendre pour monter et argumenter son issue. Et là, j'avoue c'est magistral ! Les cinq dernières minutes... Ou comment avec un autre angle d'attaque, tout prend une autre lumière et permet de voir ce qui était invisible depuis 10 ans. Norek a vraiment le chic pour construire des personnages diaboliques à souhait.

Un thriller incontournable et idéal pour cet été !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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