Publié le 29 Février 2020

Quand les animaux s'en vont, Valérie Lebon, Communication Animale, Editions Favre, livre, témoignage, bien-être animal

Essai - Editions Favre -201 pages - 20 €

Parution le 6 février 2020

 

Le sujet :  Des histoires poignantes pour nous réconforter face à un deuil, nous aider à accompagner nos compagnons en fin de vie, et même apprendre à communiquer avec eux lorsqu'ils sont de l'autre côté.

Valérie Lebon, communicatrice animale professionnelle depuis dix ans, partage ici ce qu'elle a appris grâce à ses nombreux contacts télépathiques avec les animaux, vivants ou défunts, sur l'au-delà, leurs ressentis face à la mort et leurs messages pour les humains. 

 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi

 

 

Mon humble avis : Le sujet m'intriguant et pouvant me toucher, j'ai accepté la proposition de Gilles Paris : recevoir, lire et chroniquer librement ce livre. Et j'avoue, une fois celui-ci sur ma table de nuit, l'envie était moins là et ma lecture a commencé un peu à reculons.

Il faut dire que je suis athée, ou agnostique, puisque rien ne me confirme ou l'infirme l'existence d'un au-delà et encore moins d'un Dieu, et que je répugne assez à me questionner sur cela, par manque d'intérêt réel et aussi sans doute par refus du dogmatisme religieux que j'ai subi. Mais quelque part, je suis persuadée que les animaux ont une autre dimension que nous, d'autres sens, une part de "magie", et qu'ils n'apparaissent pas forcément par hasard dans une vie humaine (ils auraient une mission). Et bien évidemment, je suis convaincue que les animaux ont une âme, un esprit, une intelligence, des sentiments, comme tout être vivant !

Finalement, cette lecture m'a fait beaucoup de bien. J'y ai trouvé douceur, amour, bienveillance, même si ces pages abordent des moments difficiles : la fin de vie et le départ d'un animal. Pour l'instant, mes chats sont encore jeunes, donc je croise les doigts, mais je ne devrais pas être confrontée à leur départ avant un long moment.

Valérie Lebon fait de la communication animale, ce qui n'a rien à voir avec le comportementalisme animal. La communication animale, c'est entrer en contact avec l'âme de l'animal (qu'il soit chat, chien, cheval ou autre). La communicatrice peut comprendre les sentiments, ressentir les douleurs et les émotions des animaux. Avec quelques conseils ou de grandes formations, il semble que ce don soit accessible à tous à un niveau différent... ceux qui sont capables de se concentrer, de faire le vide total de leur propre esprit etc... Donc pas moi !

Valérie Lebon entre en contact avec des animaux vivants ou décédés, ceci, dans l'astral. Ici, le sujet est la fin de vie des animaux, ou l'au-delà de ceux-ci. Les animaux parviennent à lui faire comprendre par exemple s'ils sont prêts "à partir" (ce qui peut éviter des acharnements thérapeutiques), s'ils souhaitent de l'aide (euthanasie), de quoi ils souffrent éventuellement si le vétérinaire ne trouve pas la cause d'un délabrement de l'animal, s'ils ont un message pour leurs humains. En cas de décès brutal ou de cause inconnue, les animaux peuvent lui montrer ce qui a causé leur mort (comme un accident de voiture ou autre). Un animal vivant avec trouble du comportement (comme dépression ou autre) peut expliquer par exemple qu'il ne se remet pas du départ de son autre copain cheval ou chien...

Pour l'instant, mes chats vont bien et je n'ai pas besoin de ce type de communication. Mais je pense que lorsqu'ils parviendront à leur fin de vie, je me tournerai vers la communication animale pour prendre la bonne décision au bon moment, pour ne pas m'acharner et ne pas non plus trahir la confiance et l'amour que je partage avec mes chats.

Dans ce livre, il est évidemment question "d'autres dimensions", d'Astral, de réincarnation, de voyage de l'âme etc. En conclusion, l'auteure nous invite à ne "rien croire de tout ce que vous avez absorbé dans cet ouvrage, sans valider par le ressenti de l'expérience et/ou par le discernement de comment ça vibre en vous". En d'autres termes, chacun est libre d'en prendre et d'en laisser. J'avoue par moment c'est monté "un peu haut pour moi", ou ce fut parfois un peu "gnan-gnan" ou répétitif, mais j'en garde tout de même pas mal de choses, constatant dans la vie que je partage avec mes félins des réactions et des comportements intrigants,  de ce quelque chose d'impalpable et à priori d'inexplicable si l'on reste terre à terre. Et ces réactions et comportements "étranges", j'ai aussi pu les constater lors des nombreux sauvetages félins que j'ai pu réaliser ces dernières années. 

A noter, Valérie Lebon rappelle à plusieurs reprises que les communications avec un animal malade ou en fin de vie ne se font qu'après visite chez le vétérinaire, vétérinaire qui passera en revue les potentielles pathologies de l'animale. La communication animale ne remplace en rien le vétérinaire en cas de maladie physique.

Evidemment les personnes ultra sceptiques ou cartésiennes passeront leur chemin, tout comme celles et ceux pour qui les relations avec l'animal restent très basiques. Quant aux gens qui n'aiment pas les animaux, ils n'ont même pas dû lire le début de ce billet ! Pour ceux qui partagent une relation puissance et profonde avec leur animal, nul doute que cet ouvrage peut les aider à l'accompagner dans ces derniers instants de vie terrestre.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres autres - divers, #Un monde de chat

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Publié le 27 Février 2020

Petite de Sarah Gysler, témoignage, voyage, aventure, lecture

Récit, Editions Pocket - 176 pages - 6.40 €

 

Parution d'origine aux éditions des Equateurs en juin 2018

Le sujet : La vie ou le roman de Sarah Gysler, jeune suissesse d'origine algérienne. Une petite en colère depuis presque le début... Depuis le divorce de ses parents, depuis l'école qui n'est vraiment pas fait pour elle, depuis le grave accident d'un de ses amis. A vingt ans, elle plaque le peu qu'elle a et part vers le Cap Nord, sans argent et en stop.

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB, l'été dernier

 

 

 

Mon humble avis : En début de lecture, j'ai cru m'être fourvoyée dans mon choix... La quatrième de couv, je ne l'avais lue qu'en diagonale pour y voir les mots "récit de voyage", style dont je suis friande... Mais en fait, pour entamer réellement ce voyage vers le Cap Nord, il faut patienter presque jusqu'à la centième page.

Avant, c'est le récit de la vie chaotique de Sarah, à Lausanne et dans les environs. Mais très vite, j'y ai trouvé mon compte et en Sarah, toute proportion gardée et sans doute pour d'autres raisons que les siennes (quoique ?!), je me suis un peu reconnue en elle... Même si je suis issue d'un milieu favorisé et d'une famille stable et que ma vie fut globalement lisse jusqu'à mes 20 ans... La colère de Sarah, ses révoltes, son incompréhension et sa vision du monde, ses difficultés à faire comme tout le monde étaient un peu les miennes. Sauf qu'avec la plume de Sarah Gysler, elles sont claires et nettes, posées sur le papier, expliquées, avec fougue, humour, désespoir. Franchise et sincérité semblent les maîtres mots de cette jeune femme qui n'a pas froid aux mots justement. Le franc parlé, elle n'en manque pas.

Puis vient le départ pour le grand voyage, à la seule force du pouce et du sourire malgré les galères et les peurs, vers le Cap Nord en Norvège. Un voyage aussi enrichissant humainement parlant pour celle qui l'a vécu que pour celle ou celui qui le lit. Des rencontres approfondies ou non, étonnantes, rassurantes. Chaque portion de trajet et chaque personne changent Sarah et son regard sur les autres, sur le monde, loin des clichés de la télévision (qui vous dit quoi aimer dans l'enfance et qui détester lorsque vous êtes adultes). On se régale de cette expédition et de ses visages croisés, même si on tremble un peu pour Sarah Gysler qui se rassure parfois comme elle peut avec son mantra "seules 8% de nos peurs sont fondées et rationnelles".

En cours de route, Sarah écrit une merveilleuse et émouvante lettre à sa solitude soit disant anormale mais qu'elle chérit tant.

Avec Petite, nous partons avec une fille révoltée et en colère et revenons avec une jeune femme réconciliée tant avec elle qu'avec le monde, une femme apaisée. Bien évidemment, Sarah ne rentre chez elle que pour mieux repartir... Aussi, si elle publie d'autres récits de ses voyages, c'est avec plaisir que je reprendrais la route, la mer, les airs avec elle !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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Publié le 25 Février 2020

cinéma, clint eastwood, le cas Richard jewell, avis, blog, chronique

Film de Clint Eastwood

Avec Paul Walter Hauser, Sam Rockwell, Kathy Bathes

 

Synopsis :  En 1996, Richard Jewell fait partie de l'équipe chargée de la sécurité des Jeux d'Atlanta. Il est l'un des premiers à alerter de la présence d'une bombe et à sauver des vies. Mais il se retrouve bientôt suspecté... de terrorisme, passant du statut de héros à celui d'homme le plus détesté des Etats-Unis. Il fut innocenté trois mois plus tard par le FBI mais sa réputation ne fut jamais complètement rétablie, sa santé étant endommagée par l'expérience.

 

 

Mon humble avis : Un excellent Clint Eastwood, et un de plus ! Un sans-faute.

Le film met un peu de temps, en introduction, à présenter le personnage de Richard Jewell, de façon assez ambiguë, mais c'est important afin que l'on comprenne bien à qui l'on a affaire et pourquoi la suite a pu se dérouler ainsi. On se demande si Richard est un peu simplet. La suite donnera la réponse évidemment, lors d'une scène magistrale où Richard se révèle et met à plat dans une logique toute simple les conséquences du raisonnement du FBI.

Avec Le cas Richard Jewell, Clint Eastwood dénonce haut et fort, avec une efficacité implacable, la justice américaine parfois bien expéditive, et surtout, les dégâts que provoquent l'acharnement et le harcèlement des médias, qui font et défont les héros, juste sur la base d'une rumeur qui devient vérité pour l'opinion public. Certes, l'histoire se déroule dans les années 90 lors des J.O d'Atlanta, mais hélas, la situation n'a guère changé. Elle a même empiré avec la vulgarisation des moyens technologiques : téléphones portables, réseaux sociaux, 4 G.... En un temps trois mouvements, il est si simple de faire d'un homme un héros ou le pire des monstres et de transformer sa vie en enfer sur terre, le tout sans preuve.

Le personnage de Richard est très attachant, mais l'on a mal pour lui. On a envie de lui botter les fesses. Le cas Richard Jewell est un film sur la naïveté, et la dévotion aveuglante d'u homme pour les forces de l'ordre. Richard qui respecte tant la loi et rêve de faire partie de la police n'imagine pas une seconde que la justice puisse être injuste. Paul Walter Hauser, qui incarne Jewell, est archi bluffant. Le climat du film devient de plus en plus lourd, tendu au fur et à mesure qu'on n'imagine pas de bonne issue. Le spectateur est donc cloué à son fauteuil devant ce film sans grand effet, mais à la narration diablement efficace et captivante.

Le personnage de l'avocat fantaisiste de Richard apporte des moments d'humour bienvenus.

Ce film sur la contradictoire Amérique est à voir absolument et à transposer dans notre époque actuelle pour réfléchir à deux fois avant de publier ou de partager n'importe quoi, sans réfléchir aux conséquences. Clint Eastwood rend hommage à ce héros (qui ne s'est jamais considéré comme tel) et surtout le réhabilite aux yeux du grand public !

Un grand Clint  Eastwood, comme on les adore, comme on les attend, incontournable. 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 23 Février 2020

BD - Editions Urban Comics -136 pages - 15.50 €

Parution en février 2016

 

L'histoire :  L'avenir professionnel de Steve n'a jamais paru aussi prometteur. On vient tout juste de lui proposer d'imaginer les nouvelles aventures du plus célèbre de tous les héros : Superman. Côté personnel, il s'apprête cependant à connaître les moments les plus douloureux de son existence : son père a disparu sans laisser de message, laissant sa mère en plein désarroi. Au même moment, il apprend qu'une maladie génétique menace sa vie mais également celle de ses futurs enfants. Dans son imaginaire, Steve dispose de pouvoirs incommensurables, capables de faire bouger les planètes, mais dans la vraie, Superman n'est qu'une créature de papier, impuissante... Vraiment ? Un symbole est-il capable de sauver la vie d'un être humain bien réel ?

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : J'ai emprunté cet album à la bib car le pitch annonce qu'il y est question de "Super héros"... et je suis fan des personnages à super pouvoirs... Ici, il est question de Superman, qui n'est point mon préféré, puisque je j'apprécie beaucoup plus ceux issus de l'écurie Marvel.

Quid de cette lecture... qui fut quelque part fastidieuse, mais intéressante. Mais qui me laisse néanmoins perplexe. En général, une bande dessinée se lit d'un trait. Pour c'est un oiseau, il m'a fallu plusieurs cessions de lecture. En fait, pour résumer les choses, je dirais que pour moi, ce fut expérimental, tant dans le déroulé un peu anarchique de l'histoire, que dans la formule narrative, de quand les graphisme qui sont tout de même par moments bien particuliers.

Le personnage de Steve et toutes ses questions existentielles ne m'ont pas passionnée vraiment... D'autant que ce même à tout ceci un drame familial lié à une maladie génétique et dégénérative (la maladie d'Huntington) En fait, je trouve dommage que les auteurs aient mélangés ces deux sujets, même si évidemment, la conclusion réunit les deux dans une évidence : on est tous, à plus ou moins grande échelle, les super héros de notre vie, ou d'une vie, en fonction de ce que l'on est amené à affronter.

Mais l'aspect intéressant de cet album sont les études thématiques sur les mythes des super-héros (ici Super man), des modèles de perfection qu'ils représentent au-delà de leur super pouvoirs (justice, souvent outsider, invulnérabilité, pouvoir, perfection, courage)

Il est montré aussi que nous nous comportons souvent comme ces héros... En effet, la façon dont nous nous habillons ne s'approche-t-elle pas d'un certain costume dans notre représentation ? N'avons-nous jamais le sentiment de ne pas être de ce monde, de venir d'ailleurs tant celui-ci nous semble étranger à nous même ? N'avons-nous pas, chacun au fond de nous, une identité secrète que nous taisons au reste du monde ?

Les auteurs montrent aussi que tous ces pouvoirs cumulés pourraient devenir les pires dangers du monde... s'ils tombaient du "côté obscur de la force". Bref, cet album est donc aussi une réflexion sur toute forme de pouvoir.

Bref, une BD avec des passages franchement intéressants mais trop entremêlés dans les dérives existentielles et privées du personnage... Alors voilà, si vous aimez les albums d'aspects expérimentaux et réfléchir sur le fondement des super héros, cet album pourrait vous plaire, tout en vous laissant perplexes en même temps ! Mais je ne crois pas que "c'est un oiseau" me marquera longtemps, malgré la fascination que j'avais pour le sujet !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 21 Février 2020

Ulysse from Bagdad, littérature, livre audio, Eric Emmanuel Schmitt, migrants, Irak, avis, blog, chronique

Roman - Editions Audiolib - 7h10 d'écoute - 18 €

Parution d'origine chez Albin Michel en 2008

 

L'histoire : Il s'appelle Saad Saad, ce qui signifie Espoir Espoir en français ou Triste Triste en Anglais. Il est Irakien. La dictature a pris fin, remplacée par le chaos total dans le pays. Sa petite amie est morte sous les bombes et Saad Saad devient le seul homme vivant de sa famille. A lui seule, il doit assumer la vie de sa mère, de ses soeurs et ses neveux nièces. Saad Saad n'a plus le choix, il doit quitter l'Irak et rejoindre l'Angleterre, où il pourra travailler et envoyer de l'argent au pays, argent nécessaire à la survie de ses proches. Saad se met en route. Ce roman est l'histoire de son voyage, envers et contre tout.

Tentation : le sujet et le nom de l'auteur

Fournisseur : Bib°3

 

 

Mon humble avis : Eric Emmanuel Schmitt, un de mes auteurs chouchou, donc une valeur sûre... Et ce roman ne fait que confirmer cela.

Ulysse from Bagdad a paru en 2008, et ce qui est terrifiant et déprimant à la fois, c'est de constater qu'il est encore on ne peut plus d'actualité, peut-être même encore plus encore qu'à l'époque, puisque le nombre de migrants tentant la traversée de la Méditerranée par tous les moyens ne cesse d'augmenter.

L'histoire s'ouvre sur l'enfance de Saad, sous la dictature de Saddam Hussein, dans un pays emprunt entre autre à la paranoïa, la censure et la délation etc. Très vite, nous parvenons à son adolescence puis à ses études de droit. Entre temps, Saddam est tombé sous les américains... Puis le chaos s'est installé autant dans le pays que dans la famille de Saad, avec nombre de décès.

Commence alors ce projet de voyage vers l'Europe, via des moyens insensés, que l'on n'imagine même pas. Cette odyssée terrible nous emmène jusqu'en Egypte, en Libye, puis à travers la Méditerranée. Pour aller jusqu'où ? Pour y trouver quoi ? Durant ce périple, Saad rencontrera ce que l'Homme peut être de meilleur, comme de pire.

Eric Emmanuel Schmitt fait encore merveille et miracle dans ce roman au sujet si tragique et douloureux, et éloigné de notre confort d'Européens protégés. On est au plus près de ces migrants, presque dans leurs âmes et leurs coeurs. Dans leurs jambes, leurs fatigues, leurs peurs, leurs faims, leur décès, leurs espoirs parfois vains parfois récompensés... Et surtout, les conditions inhumaines, pire que bestiales dans lesquelles certains tronçons de ce voyage interminable se font.  On ne peut qu'être admiratif devant la pugnacité, le courage, la persévérance de ces hommes, ces femmes et enfants qui sont prêts à perdre la vie pour la gagner. Gagner la vie, la vraie, la vie libre, loin des bombes, loin de la pensée unique, loin d'un désert infertile.

Bien sûr, avec Eric Emmanuel Schmitt, on attend, on espère et on trouve des réflexions à portées philosophiques accessibles à tous. Schmitt, avec des mots simples, avec une clarté déconcertante, conduit son lecteur à réfléchir sur des idées que son l'humanité, les migrations, la domination, la liberté, la démocratie, la guerre, la notion d'ennemie, les frontières, les nations, l'échelle de valeurs attribués aux hommes surtout par les occidentaux qui prônent pourtant haut et fort des valeurs comme "liberté, égalité, fraternité", valeurs qui ne sont en fait réservées qu'à leurs égaux et leurs semblables. Et ce qui est génial avec Schmitt, c'est que de situations à priori complexes ou difficiles à verbaliser, il donne une explication simple, limpide, nette... Toujours servie par une écriture très agréable, emprunte de tendresse, d'empathie et non dénuée d'humour, malgré un sujet tragique.

Ce roman qui est hélas loin d'être périmé est à lire et à faire lire, absolument, à toute personne de 15 à 99 ans... Pour que les mentalités, les coeurs, les lois, les âmes, s'élargissent... Et que l'Humanité soit partagée.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 19 Février 2020

Film, cinéma, La fille au bracelet, Roshdy Zem avis, blog, chronique

Film de Stéphane Desmoutier

Avec Roschdy Zem, Anaïs Desmoutier, Mélissa Guers

 

 Synopsis :  Lise, 18 ans, vit dans un quartier résidentiel sans histoire et vient d'avoir son bac. Mais depuis deux ans, Lise porte un bracelet car elle est accusée d'avoir assassiné sa meilleure amie.

 

Mon humble avis : J'avoue, ce film m'a laissée perplexe, mal à l'aise, et je ne sais trop qu'en penser. Bien sûr, il est très subtil, bien réalisé et interprété avec la sobriété nécessaire au sujet. D'ailleurs, celui-ci est inspiré d'une histoire vraie argentine, qui a déjà donné lieu à un film, mais selon un regard différent. Ici, Stéphane Desmoutier s'intéresse à celui des parents envers Lise, leur fille accusée de meurtre. Le film étant avant tout centré sur le personnage ô combien complexe et au comportement si déstabilisant de Lise... Dont, comme le dit l'avocate générale, les silences sont si assourdissants, que le film en devient souvent étouffant.

La fille au bracelet est un film de procès et de justice. Plus de la moitié des scènes se déroule en cours d'assise, à grand renfort de plaidoiries.

L'histoire met deux générations face à face... Et comme le rappel l'avocate de l'accusée, la justice ne doit pas juger la morale et la façon de vivre du suspect mais bien l'acte qui lui est ou pas reproché. C'est donc un film sur le doute. Le doute est constant et le spectateur repartira avec son intime conviction ou son doute, quelques soient les délibérés des jurés. Quant à moi, j'ai bien ma version possible des faits, mais celle-ci n'est ni évoquée ni suggérée dans le film.

Le film se penche beaucoup sur la jeunesse actuelle, l'adolescence qui se cherche et qui, via les réseaux sociaux, perd plus de repères qu'elle n'en trouve, au point de ne même plus trop savoir ce qui est bon ou redoutable.

Je regrette et trouve même étrange qu'il ne soit jamais question d'expertise psychologique de Lise, ni même d'un suivi médical. Les scènes de procès sont très réalistes et minutieusement tournées jusque dans le moindre détail judiciaire, dommage qu'il y ait cependant un petit arrangement avec le réel : chaque soir après le procès, Lise rentre chez elle, alors qu'elle devrait être incarcérée.

Enfin et dernière chose, la question principale que pose le film de Stéphane Desmoutier est : "A quel point connaît-on ses enfants, si toutefois on les connaît vraiment" ?

En fait, je pense que c'est un bon film, mais j'en suis sortie vraiment mal à l'aise et perturbée, limite glacée, à un moment où je n'avais pas envie de l'être. J'aurais sans doute eu besoin de plus d'éclaircissements et surtout de moins de suggestivité... puisqu'en fait, ce film pose le spectateur dans le rôle de juré, mais qui n'a pas toutes les cartes en main (on ne peut abattre toutes les cartes d'un procès qui dure des jours en à peine 2 heures).

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 17 Février 2020

roman le répondeur, Luc Blanvillain, Chronique, avis, blog, littérature, livre

Roman - Quidam Editeur - 260 pages - 20 €

Parution le 2 janvier 2020 : Nouveauté

 

L'histoire : Baptiste est un jeune imitateur, qui en attendant gloire et célébrité, officie dans un petit théâtre associatif qui prend l'eau.

Jean Chozèse est un romancier célèbre (ancien Goncourt !) mais taiseux, qui tente de travailler d'arrache pied sur son prochain et très attendu roman. Pour cela, Chozèse doit se débarrasser des tracas du quotidien, et surtout de son environnement social envahissant.

Chozèse propose donc à Baptiste un job peu commun et inattendu... Etre son répondeur. A savoir, Chozèse lui confie son téléphone portable et "la bible" de ses connaissances, à Baptiste de se débrouiller avec tout cela et de faire illusion, en prenant sa voix ! Pour le meilleur et sans doute pour le  pire !

 

Tentation : Le billet de Keisha

Fournisseur : Des chèques Kdo reçus à Noël !

 

Mon humble avis : Ah ! Comme je me suis régalée de cette lecture dont le sujet m'a semblé si original et audacieux. J'ignore si l'idée a déjà été exploitée dans d'autres contrées littéraires, en tout cas, ce roman est jubilatoire.

Mon seul petit bémol serait l'usage un peu excessif de vocabulaire ampoulé... Au début, j'allais chercher dans le dictionnaire  sur internet la signification de ces mots qui m'étaient mystérieux, puis j'ai cessé, pour ne point couper mon rythme de lecture. Mais  bon, il s'agit vraiment d'un mini bémol car il est un peu hypocrite, à notre époque où tout part à vau l'eau, de pointer d'un mauvais doigt une excellente maîtrise de la langue française jusque dans des termes enfouis faute d'usage sans doute.

Bref, quid de l'histoire ? Rondement menée et rythmée, celle-ci peut paraître un peu déjantée, des passages encouragent dans ce sens, mais elle est dans le fond assez sérieuse et riche en émotions, en interrogations, en sujets abordés et bien sûr, en rebondissements.

Comment rester soi quand on est en même temps quelqu'un d'autre ? Comment ne pas abuser d'une telle confiance quand elle vous est donnée ? Comment et quand décider si l'on a le droit d'intervenir dans la vie des autres pour l'améliorer... au risque de la détériorer. Car après tout, Baptiste répond au téléphone avec la voix de Chézose et les quelques infos qu'il a sur ses interlocuteurs, mais c'est avec son coeur qu'il parle. Il devient tout à tour confident des uns (la fille de Chézose), défouloir des autres (l'ex femme de Chézoze), j'en passe et des meilleurs (les journalistes, les traducteurs, les attachés de presse, le père...). Il reçoit même des confidences sur lui-même ! On ne peut qu'être admiratif devant les prouesses d'improvisations de Baptiste, tantôt hilarantes, tantôt très touchantes, comme si le temps s'arrêtait. Evidemment, on se doute qu'un jour il fera une bourde, se mélangera les pinceaux entre son propre téléphone et celui de son patron. Oui mais quand, quoi, comment ? Surprise !

Bien que ce roman soit très divertissant, c'est aussi de belles histoires d'amitié, un portrait non exhaustif des us Germanopratins, et une belle réflexion sur le pouvoir des mots, des dits et non-dits familiaux ou sociétaux, sur les difficultés de communiquer avec son entourage.

Comme Keisha, je craignais un peu la fin, me demandant comment Luc Blanvillain pourrait conclure son histoire. Et bien elle reste fidèle au reste du roman, tout en étant inattendue : digne de Baptiste, digne tout court !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Février 2020

roman , antoine Laurain, le service des manuscrits, littérature, blog, avis, chronique, rentrée littéraire hiver 2020

Roman - Editions Flammarion - 214 pages - 18 €

Parution le 8 janvier 2020 : Nouveauté

 

L'histoire : A 44 ans, Violaine Lepage est l'une des éditrices les plus réputées de Paris. C'est elle qui a édité "Les fleurs du sucre", roman en lice pour le prix Goncourt, qui figure même sur la dernière liste ! Problème, Violaine de connaît pas l'auteur(e) Camille Désencres, le contrat ayant été signé par mail... Et l'auteur reste aux abonnés absents alors que sa présence est indispensable en cas de couronnement au fameux prix. Et cela se corse encore plus pour Violaine lorsqu'une lieutenante de police débarque dans son bureau : des crimes similaires à ceux décrits dans le roman ont été commis !

 

Tentation : La blogo et Cédric Armen

Fournisseur : Des chèques Kdo reçus à Noël !

 

Mon humble avis : Huitième roman d'Antoine Laurain (je n'ai lu que Le chapeau de Mittérand). Aussi, on peut bien imaginer qu'Antoine Laurain connait bien le sujet du milieu de l'édition. Et il nous emmène dans son épicentre, le lieu de certains possibles et de beaucoup d'impossibles : le service des manuscrits, là où échouent les milliers de romans écrits chaque année par des romanciers en herbe, en jachère ou complètement infertiles. 

Les romans qui se déroulent dans le milieu éditorial sont assez courants, mais ils attirent toujours autant. Oui, les lecteurs acharnés (peut-être écrivains refoulés), adore connaître les secrets, les us et coutumes, le fonctionnement du graal : une grande maison d'édition. Sur ce sujet, Antoine Laurain nous régale, et comme je disais plus haut, il sait forcément de quoi il parle.

Mais un lieu n'est pas suffisant pour étoffer un roman. Il faut aussi une histoire, qui tant qu'à faire, soit palpitante, potentiellement amusante, intrigante, avec moult rebondissements et du suspense. Là aussi, Antoine Laurain nous captive avec ce roman mystérieux "Les fleurs de sucre" et son auteur aussi obscur qu'inconnu. Là aussi, cela pourrait sonner comme du déjà vu (les mystérieux romans/auteurs sont de bons sujets de littérature) sauf que non. La construction est diaboliquement efficace et la façon dont Antoine Laurain traite son sujet, et surtout le clôt, tient vraiment du jamais vu. Le final est des plus inattendus... Sauf que pour moi, il m'a semblé incomplet, donc m'a laissé un peu sur ma faim. Car seule une des deux énigmes (auteur / et / ou coupable des crimes commis) est résolu. Donc oui, j'en voulais un peu plus. Qui sait, Laurain nous réserve peut-être une suite dans ses tiroirs ?! Ce qui ne doit pas vous empêcher de vous offrir une lecture des plus agréables qui soit !

Voilà, je ne peux en dire plus, sous peine de spoiler et de gâcher votre futur plaisir !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Février 2020

Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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Publié le 13 Février 2020

Roman La parthénogenese, Anne-Laure Julien, littérature, avis, blog, chronique

Roman - La P'tite Hélène Editions -274 pages - 22 €

Parution en juin 2019

L'histoire :  Parthénogenèse (nom féminin, du grec parthenos, vierge) : reproduction sans intervention d’un mâle dans une espèce (Larousse). Par exemple, les phasmes.... Ou encore la famille de Sophie. De mère en filles, les pères sont "inconnus" au bataillon, plus ou moins éjectés du programme !

Sophie est donc de ces mères célibataires qui jonglent entre son travail, ses filles, sa grand-mère, ses amants, sa meilleure amie en soit-disant "post partum", sa belle soeur qui ne supporte pas sa belle mère qui ne la supporte pas plus etc... Sophie est forte et gère tout ceci à bout de bras. Oui, mais... qui s'intéresse vraiment à elle, même si elle crie haut et fort qu'elle est très bien toute seule ?

Tentation : Un mail de l'auteure

Fournisseur : l'auteure, merci pour l'envoi !

 

Mon humble avis : Cela fait des années qu'en tant que blogueuse, je refuse toute demande d'auteurs méconnus lorsqu'ils me proposent de m'envoyer leur roman. Déjà, c'est souvent en version numérique (out of question for me !) et j'ai été tellement souvent déçue que... Jusqu'à ce qu'Anne-Laure Julien m'envoie un mail... Que je m'attarde sur le pitch qui me tente bien... Et que je vois sur la couv' une fameuse 4L, la première voiture que j'ai conduit après mon permis !

Et finalement, ô joie ! Ô bonheur ! Quelle lecture plaisante, divertissante, souvent hilarante et parfois émouvante... Surtout si l'on lit entre les lignes... Car on sent bien que l'auteure nous laisse deviner la profondeur essentielle de son roman dans ce qu'elle ne dit pas... Comme tout humain qui se protège derrière son armure. L'armure de cette histoire, c'est déjà la plume efficace, délicieusement ironique, voire caustique, rythmée et très inventive de l'Anne-Laure Julien, sans que la qualité littéraire en pâtisse. Donc l'humour en grand via le personnage très cash qu'est Sophie, qui n'a pas la langue dans sa poche, n'a pas froid aux yeux, ne veut pas qu'on la trouve gentille mais l'est tout de même... puisque finalement, elle règle pas mal des problèmes de son entourage, parfois à son insu. A côté de Sophie, c'est tout une galerie de portraits savoureusement croqués, depuis les plus attendus jusqu'à plus inattendus, comme feu Mr Monnier, ancien épicier du village juste décédé, de ces épiciers dont on ne fait plus. Chacun des personnages dispose d'un chapitre, voire parfois quelques-uns. Ce qui fait que l'on ne s'ennuie pas une minute dans cette Parthénogenèse.

Sophie vit ou survit à une série d'événements plus ou moins majeurs, plus ou moins communs de la vie : l'amant qui s'en va et revient dans les deux sens, le divorce de la mère de sa meilleure amie Claire, l'accouchement d'Emmanuelle et son post-partum (lié en fait à la présence de sa régente belle-mère chez elle, l'annulation en dernière minute du mariage de Claire, ses incartades avec son cousin allemand, les réflexions insupportables de sa tante envahissante, un trajet en voiture avec le psychopathe qui doit épouser son amie, la désintégration du psychopathe. Le tout, en 4L déglinguée, en Renault Espace débordante, dans la ferme familiale, à la ville etc. On n'est vraiment pas loin du Vaudeville !

Mais derrière ses personnages et ces situations décrites, Anne-Laure Julien dresse un portrait très juste de notre époque, surtout via les moeurs (au sens littéral et au sens large). Une époque où l'amour est devenu nécessaire à la survie d'un couple par exemple, là où, dans les générations précédentes la bonne entente suffisait. D'où sans doute le nombre croissant de divorces. L'auteure pointe du doigt les idées reçues sur les femmes (notamment les célibataires), le machisme, voire le sexisme de la société, l'envasement des traditions familiales et des façons de penser, les clichés qui ont la peau dure! Elle examine à la loupe les relations belle-mère /belle-fille, avec des belles-mères que ne veulent surtout pas perdre l'amour oedipien de leur fils par exemple. Il est aussi question de différence de classes sociales, de famille recomposée et décomposée, du harcèlement moral que subissent certaines femmes par leurs époux sans même s'en rendre compte, de la culpabilisation. En fait, il est question de tant de choses qu'il est impossible, et de toute façon déplacer de toutes les citer. Et mise à part l'ignoble personnage Charles/Robert/Bobby, on sent bien que derrière son persiflage, Anne-Laure Julien cache une belle affection pour ses personnages.

La parthénogenèse est donc un roman majestueusement diligenté, intelligent en mêlant humour et observation sociétale et surtout, écrit d'une plume irrésistible. Bref, j'ai ADORE ! Alors si vous voulez un livre qui fasse grand bien et vous divertisse sans tomber dans une littérature formatée, lisez la Parthénogenèse !

Vous pouvez vous procurez ce roman directement chez l'éditeur : ICI

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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