Publié le 9 Mars 2015

Birdman : Affiche

film d'Alejandro GONZALES INARRITU

Avec Mickael Keaton, Edward Norton, Emma Stone, Amy Ryan

 

Synopsis : À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…
S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir... 

 

 

Mon humble avis : Voici le fameux film aux 4 Oscars... Meilleur film (?) Meilleur Réalisateur (Pourquoi pas), Meilleure Photo (?????) et meilleur scénario (Si c'est pour récompenser l'originalité, alors pourquoi pas).

Bref, je ne suis pas trop d'accord avec le tout Hollywood qui déclare ce film comme le meilleur de l'année (puisque j'en ai vu d'autres). Pour autant, je ne peux pas dire que j'ai détesté ce film, comme je suis incapable d'en dresser un éloge magistral ! Je suis dubitative et pour résumer, je qualifierais Birdman de film... euh... expérimental !

Pour être original, il l'est, c'est sûr ! Rarement, voire jamais vu quelque chose de semblable. Les dialogues sont très denses, passent vite du coq à l'âne et la mise en scène peu courante. Tout est en plan-séquence ce qui fait que chaque scène est interconnectée avec la précédente. Le personnage ouvre la porte de sa loge pour se retrouver directement sur scène par exemple. Pour le spectateur, c'est assez déstabilisant. Nous sommes en presque huit-clos dans un théâtre New-Yorkais, dont nous parcourrons sans cesse les longs couloirs etc.

Pris séparément, les différents thèmes abordés par Birdman sont intéressants. Il y a l'immédiateté des réseaux sociaux, indispensables désormais à l'existence d'une célébrité. Sans réseau social, un acteur n'est pas. Il y a l'éphémirité de la célébrité, notamment celle des acteurs qui ont joué un grand héros de série, et se trouve "reconnu et nommé" par le monde entier par le nom de ce fameux héros. Ces acteurs n'existent pas aux yeux du public comme des hommes et des femmes, mais comme des héros dont il est très difficile de s'affranchir.

Il y a ces acteurs qui jouissent d'une réputation excellente sur les planches. Les qualificatifs et superlatifs ne manquent jamais pour décrire leurs jeux. Sauf que ceux-ci ne jouent pas sur scène, ils sont. Ils ont besoin des stimuli réels de la vie pour ressentir, et donc transmettre, émotions, joies, peines, colères... Ces acteurs, c'est dans la vie qu'ils sont comédiens, pas sur scène.

Enfin, il y a la guéguerre entre les comédiens de Broadway qui s'estiment légitimes devant les  acteurs des gros blockbusters hollywoodiens.

Alors comme ça, oui, cela semble sympa. Sauf qu'au final, j'ai eu l'impression d'un grand méli-mélo, auquel s'ajoute une grande dose de délire scénaristique... Et au final, peu d'émotions et pas mal d'interrogation sur cet OVNI cinématographique qui fait beaucoup de bruit pour, à mon humble avis, rien d'exceptionnel !

En fait, j'ai apprécié certaines séquences du film, mais pas sa globalité. Voilà un résumé précis de mon ressenti.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 6 Mars 2015

Roman - Editions Buchet Chastel - 288 pages - 15 €

 

Parution le 1er janvier 2015

 

L'histoire : Victor, jeune bachelier provincial, débarque à Paris où il est admis dans une grande classe préparatoire d'hypokhâgne. Sa première année se déroule dans un désert relationnel, tant il est invisible aux yeux des autres étudiants. La deuxième année, arrive Matthieu, à priori aussi peu à sa place que Victor dans cette prépa. Les deux garçons lient connaissance en partageant quelques clopes dans la cours. Quelques jours plus tard, Matthieu se suicide à l'intérieur de l'école. Tout le monde entend le cris, puis le bruit de la chute. Ami supposé de la victime aux yeux de tous, Victor n'est alors plus transparent...

 

 

Tentation : Mes précedentes lectures de l'auteur.

Fournisseur : Dominique, merci pour le prêt !

 

 

Mon humble avis : Comme les autres oeuvres de Jean-Philippe Blondel, Un hiver à Paris prend racine dans un événement autobiographique. Ce suicide a eu lieu alors que l'auteur était lui même étudiant dans cette prépa. La réalité occupe donc quelques pages dans le livre. Elle est brute, métallique, rapide, sans appel. Le reste, c'est le talent de Jean-Philippe Blondel qui nous plonge dans un destin en pleine construction, entre certitudes, étonnements, découvertes, remises en question et décisions.... dans un monde de requin, dans un monde où votre naissance est sensée tracer votre vie. Et déroger à cette vie tracée, c'est un peu quitter son monde, s'en écarter par différences, malgré l'amour.

Jean-Philippe Blondel évoque ici, avec grand tact, délicatesse, justesse, émotions (mais émotions point dégoulinantes) le grand écart qui sépare les provinciaux de la vie parisienne. De cet écart, va naitre la solitude de Victor. Il n'est pas né "dedans", alors on ne le voit pas, on l'ignore. Le milieu populaire dont il est issu le prive de popularité dans cette micro société dont il ne possède pas les codes. Il est transparent aux yeux des autres. Ce thème de la transparance aux yeux des autres m'a beaucoup touchée, me rappelant sans doute de douloureux souvenirs. A l'école, j'étais celle qu'on choisissait en dernier pour composer une équipe de sport. J'étais celle dont on ne se souvenait pas. De là vient peut-être mon réflexe de pitrerie qui fait que bien souvent, et hélas, maintenant, on ne voit que moi, on n'entend que moi trop souvent, sans que je ne puisse lutter contre cette image déformée que j'offre de moi.

Enfin bref, revenons en au roman, qui dénonce la brutalité et la concurrence imptoyable que l'on trouve dans ces grandes écoles de prépa. Cette concurrence est parfois bien plus entretenue par les profs que par les élèves eux mêmes... pas préparés, à la sortie de l'adolescence, à l'âge où l'avenir se joue, à se battre contre ça. Le comportement de certains profs qui s'acharnent à humilier les élèves, à les enfoncer plus bas que terre est bien montré ici... tout comme les conséquences que cela peut avoir. Mais attention, il y a dans ces pages beaucoup de nuance et aucun manichéisme.

Le suicide. Celui ci était en 1984... mais tous les ans, il y en a d'autres, dans le même établissement ou dans des collèges et lycées. Parce qu'il manque une main tendue, une parole, un regard, un "je te vois, je connais, je partage". Chacun s'interroge sur le pourquoi de l'acte, parfois par des réflexions toutes faites, mais peu se penchent sur le "comment éviter cela".

Enfin, il y a le "reste" du roman... Le vie de Victor qui, suite à ce suicide, prend un tournant inattendu. Parce qu'il a fumé quelques clopes avec Matthieu, chacun en déduit qu'ils étaient amis. Victor devient alors victime, victime de la victime, tout le monde le voit, l'approche, lui parle, cherche son amitié. Le succès soudain de Victor est lié à un malentendu. Et malgré lui, Victor va profiter de ce malentendu et deviendra l'absent des autres : le frère qui a fui, le fils décédé etc... lors de rencontres et de relations très touchantes.

C'est un roman magnifique, servi par un style efficace, des phrases courtes et sans fioritures, un roman dont j'ai du mal a parler alors mieux vaut que vous le lisiez vous même, certainement d'une traite !

 

Comme j'ai eu la chance d'assister à une rencontre littéraire avec Jean-Philippe Blondel ce mercredi, j'ai repris ma petite collection de photos "d'effets de mains d'auteurs" !

Comme j'ai eu la chance d'assister à une rencontre littéraire avec Jean-Philippe Blondel ce mercredi, j'ai repris ma petite collection de photos "d'effets de mains d'auteurs" !

UN HIVER A PARIS, de Jean-Philippe BLONDEL
UN HIVER A PARIS, de Jean-Philippe BLONDEL
UN HIVER A PARIS, de Jean-Philippe BLONDEL
UN HIVER A PARIS, de Jean-Philippe BLONDEL

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 2 Mars 2015

Le Dernier loup : Affiche

Film de Jean-Jacques Annaud

Avec , , a

 

Synopsis : 1969. Chen Zhen, un jeune étudiant originaire de Pékin, est envoyé en Mongolie-Intérieure afin d’éduquer une tribu de bergers nomades. Mais c’est véritablement Chen qui a beaucoup à apprendre – sur la vie dans cette contrée infinie, hostile et vertigineuse, sur la notion de communauté, de liberté et de responsabilité, et sur la créature la plus crainte et vénérée des steppes – le loup. Séduit par le lien complexe et quasi mystique entre ces créatures sacrées et les bergers, il capture un louveteau afin de l’apprivoiser. Mais la relation naissante entre l’homme et l’animal – ainsi que le mode de vie traditionnel de la tribu, et l’avenir de la terre elle-même – est menacée lorsqu’un représentant régional de l'autorité centrale décide par tous les moyens d’éliminer les loups de cette région.

 

 

Mon humble avis : On le sait depuis longtemps, Jean-Jacques Annaud excelle dans le film à tendance animalière. Une fois de plus, il ne déroge pas à sa réputation en "s'attaquant" aux loups de Mongolie. Les images de ses animaux mystérieux et fascinants sont sublimes. Comme le sont aussi les paysages de la steppe mongolienne. Esthétiquement, Le dernier loup est donc une belle réussite. L'arrière-plan est aussi intéressant culturellement, même si pas assez développé : les traditions Mongoles, la révolution Maoïste en Chine et l'impérialisme chinois. Et puis il y a la complexité de la nature. Les loups attaquent les troupeaux, mais sans les loups et leur place dans la chaine alimentaire, la steppe et son herbe verte ne survivraient pas, donc les hommes non plus.

Dommage qu'à côté de ces aspects, le film soit plus que décevant. Le scénario est simplissime, les acteurs mauvais pour la plupart, les personnages sont ultra stéréotypés et les dialogues frôlent une pauvreté déconcertante. Les situations et "rebondissements" sont bien souvent attendus. Bref, Annaud est bien plus doué avec les animaux qu'avec les hommes. En fait, mon impression fut que d'anciennes bobines de films des années 60 avaient été un peu dépoussiérées pour être intégrées au Dernier Loup.

Enfin, un dernier reproche qui tient vraiment de mon ressenti personnel... Le film frotte vraiment trop souvent nos cordes sensibles devant le traitement qui attend ses jolies bêtes. Et à chaque fois qu'un louveteau ou autre périssait, j''y voyais mes petits félins...

 

 

 

J'ai vu aussi : 

 

 

Kingsman : Services secrets : Affiche

Film de Matthew Vaughn

Avec Colin Firth, Samuel.L Jackson et Mickael Caine

 

Synopsis : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costumes trois pièces, est à la recherche de sang neuf. Pour recruter leur nouvel agent secret, elle doit faire subir un entrainement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L’un d’eux semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune homme impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy. Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie? 

 

 

Mon humble avis : Ce film décomplexé et cinglé devait être hilarant. Mouais, ça n'a pas vraiment pris sur moi. Même si l'ensemble est très divertissant et offre une caricature assumée des films d'espionnage à la sauce british et à l'humou tout aussi british mais pas assez pour moi !

C'est bourré de clins d'oeil et de références ciné ou littéraires, après faut avoir la culture pour les remarquer !

La trame du scénarion est intéressante, mêlant lutte des classes et risques grandissants et potentiel de la communication à tout prix, voire à tous prix, voire gratos !

Ca valse, ça dépote, les têtes volent, les bras s'arrachent et en même temps, y'a la classe britanique et sans doute une nouvelle génération de 007 !

Alors oui, mais sans plus pour moi !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 26 Février 2015

 

American Sniper : Affiche

Film de Clint Eastwood

Avec Bradley Cooper, Sienna Miller, Luke Grimes

 

Durée : 2H13 - Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Synopsis : Tireur d'élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d'innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de "La Légende". Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu'il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l'angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s'imposant ainsi comme l'incarnation vivante de la devise des SEAL : "Pas de quartier !" Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu'il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

 

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Mon humble avis : C'est du Clint Eastwood, et du bon, même très bon. C'est du Bradley Cooper, plus recruté ici pour ses talents d'acteur que pour sa bouille glamour quelque peu mise à mal ici. Bradley Cooper est ici métamorphosé par les épreuves vécues par son personnage.

C'est du cinéma américain, c'est l'Histoire américaine.... Donc oui, c'est patriotique.

Mais c'est aussi universel, puisque la guerre l'est hélas, et que des soldats qui partent au front, il en est de tous pays, ou presque

American Sniper est  un film bluffant de réalisme, qui nous emmène au coeur des zones de combats, et nous fait suivre les soldats à la semelle. C'est l'avantage du ciné par rapport au journalisme sur ce sujet... Au ciné, les balles sont à blanc, donc les caméras peuvent nous plonger en plein milieu de tirs croisés.

Ce film est inspiré d'un personnage réel, celui d'un texan qui est devenu le sniper le plus efficace de l'histoire de l'armée Américaine. Au point de devenir une vraie "légende" qui vit pas forcément bien sa célébrité. Son rôle, sauver les vies de ses collègues G.I en tuant l'ennemi. Pas facile, terrible même quand dans son viseur, l'ennemi place des enfants. Alors oui, il y a des scènes insoutenables psychologiquement, même si l'hémoglobine nous est assez épargnée.

American Sniper est autant un film de guerre qu'un drame psychologique. Il s'intéresse aussi aux familles, aux épouses qui, en Amérique, attendent leurs maris alors sur le front. Et puis, il y a le retour du soldat entre deux missions, puis le retour définitif. Le soldat qui est là sans être là... qui est encore dans la poussière et les bombardements. Le soldat qui subit l'Etat de Stress Post Traumatique.

Car de toutes façons, les Etats Unis sont traumatisés par toutes leurs guerres, et le disent.

Mais ce que veut montrer avant tout Clint Eastwood ici, ce sont les horreurs de la guerre, même si nous les supposons bien depuis notre canapé. Même si, des fois, on préfèrerait "ne pas savoir". Mais en même temps, l'existence d'hommes qui ont tant de courage pour défendre les leurs me rassure. Des sur-hommes en sorte, même si les méthodes sont inhumaines.Et puis les guerres, maintenant, ce ne sont plus dans des tranchées épargnant relativement les civils, mais au coeur des villes, de la population et que tout le monde y joue un rôle, même les plus innocents, plus si innoncents que cela malgré leur bas âge. La guerre, c'est vraiment nul. Tout le monde le sait et pourtant...

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 24 Février 2015

Roman - Editions Noir sur Blanc - 176 pages - 14 €

 

Parution le 4 septembre 2014 (Rentrée littéraire)

 

L'histoire : Novembre 1953, à New York. Dans quelques jours, le centre d'immigration d'Ellis Island fermera définitivement ses portes. John Mitchel, le directeur, en est le dernier gardien. Seul sur l'ile après le départ du dernier migrant, il prend alors papier et stylo et se souvient de la quarantaine d'années passée sur l'île, de ses centaines de visages croisés, de destins bouleversés, de Liz, de Nella, des choix parfois coupables qu'il a du faire, coupables face la nation dont il tenait la porte d'entrée, coupables face quand sa fonction lui interdisait plus d'humanité.

 

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur  : La bib'

 

 

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Mon humble avis : Pas étonnant que quelque temps après sa visite du musée de l'immigration d'Ellis Island, cette histoire soit venue dans la tête de Gaëlle Josse. Ellis Island, quand on y pose les pieds, on n'en revient pas tout à fait indemne. Je parle en connaissance de cause. 

Hiver 1994, j'étais à New York, après un séjour estudiantin de 5 mois en Floride. En presque 24h de bus, j'étais passée des 35° subtropicaux à la déroute enneigée de la mégalopole. A New York, je songeais à faire prolonger mon visa afin de trouver un travail en qualité de jeune fille au pair, nanny comme on dit là-bas.

Lorsque mes pas de touriste m'ont menée sur Ellis Island, inutile de vous dire comme mon émotion était grande. J'avais 21 ans et je me demandais si New York allait m'engloutir, l'Amérique me rejeter ? Ou si c'est moi qui allait croquer la Grosse Pomme ! Obtiendrais-je le fameux sésame pour rester sur le sol Américain. Finalement, ce ne fut ni l'un ni l'autre, l'aggravation subite de l'état de santé de mon père m'a obligée à rentrer en France 3 semaines plus tard.

Mais quoiqu'il en soit, je marchais dans les traces de 12 millions de prétendants à l'immigration qui, entre 1892 et 1954, foulèrent cette île pour quelques heures, jours ou semaines, attendant la délivrance d'un papier faisant d'eux un citoyen Américain, qui parfois était refusé. Ces hommes et femmes arrivaient là après 3 semaines de traversée transatlantique dans des conditions inhumaines et pour la plupart, fuyaient la pauvreté, une guerre, le racisme, une famine, une interdiction de culte, la persécution. Moi, je ne fuyais rien, je voulais juste prolonger une expérience enrichissante.

Venons-en au roman tout de même. A part quelques personnages secondaires, tous les protagonistes de cette histoire sont fictifs. Ils sont néanmoins criants de vérités. A travers la voix de John Mitchel, Gaëlle Josse couvre, d'une écriture sublime, soignée, précise et juste, quarante ans d'histoire de cette ile, porte du rêve américain. Le personnage de John est très touchant, emmêlé dans les contradictions de sa vie et des choix qu'il regrette, qui le laissent à jamais mélancolique. Les lieux, les odeurs, la surpopulation, les cris, les pleurs, les rêves brisés, les morts, les maladies amenées par les émigrants sont parfaitement retranscrits par Gaëlle Josse, tout comme la grande Histoire du monde qui est vécue ici en vase clos et de loin, apporte son lot d'exilés.

Ce roman est les mémoires d'un homme qui a vécu toute sa vie sur cette île dont il a géré le quotidien, d'un homme qui malgré ses hautes fonctions, restait un homme. Un homme qui a aimé légalement, et inégalement.

De l'émotion, il y en a ici à chaque page, mais en retenue, sans pathos ni grands effets. C'est un roman, mais avec assez de réalisme historique pour être lu comme un témoignage. C'est un roman sublime qui rappelle que la première puissance mondiale actuelle s'est construite par l'immigration et que pratiquement chaque américain contemporain descend de hongrois, d'Irlandais, de Français, de Polonais, d'Italien (etc) qui sont passés par Ellis Island. 

La fin m'a surprise sans vraiment me surprendre en fait. Elle ne pouvait pas vraiment être autre. Et puis, elle reste ouverte et j'y ai mis ma petite idée qui me plait bien.

Une lecture dense et intense, où l'intime rejoint l'universel, à découvrir, sans aucun doute !

 

 

Pour en savoir plus Ellis Island : Wikipedia

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Février 2015

 

Je pensais vous présenter aujourd'hui un petit coin de campagne rennaise... et mes photos nature se sont faites supplantées par mes photos chats. Ce sera donc pour une prochaine !

Mon petit loup Tsingy a 6 mois depuis 2 jours ! Dans 6 mois, il sera adulte et arrêtera peut-être ses bêtises. La semaine dernière, il m'a laissé un beau colis piégé bien enveloppé dans mon tapis de bain ! Mais avec sa petite bouille d'amour, et le fait que ce soit un chaton charmant, on n'arrive pas à lui en vouloir longtemps.

A y'est, Tsingy est stérilisé... Donc fini les doubles gamelles avec croquettes chaton et croquette chat stérilisé. Tout le monde est au même régime !

Avec Aya, le partage du territoire est entrain de s'effectuer. Quand ma grande veut aller dans le hamac, le petiot dégage gentiment !

D'ailleurs, le petiot grandit bien. S'il s'étale sur le canapé, il en occupe la moitié !

(Photos pas forcément dans l'ordre chronologiques ! Pour Aya, peu d'importance, elle ne devrait pas changer physiquement avant 8 ou 9 ans et son grand âge. Tsingy, c'est autre chose !)

 

UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Un monde de chat

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Publié le 19 Février 2015

Roman - Editions Flammarion - 389 pages - 21 €

 

Parution : le 27 août 2014 (Rentrée littéraire)

 

L'histoire : Serge, un romancier, est invité en résidence dans une petite ville du Morvan pour un mois. Juste avant son arrivée, un fait divers remue la commune et ses habitants. Le vieux Commodore a disparu. Meurtre ou disparition volontaire, les langues vont bon train malgré l'arrestation d'un suspect. Contre lui même, Serge va se laisser happer par ce fait divers, au risque de déplaire à plus d'un....

 

Tentation : L'auteur à LGL

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

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Mon humble avis : Première incursion pour moi dans l'oeuvre de Serge Joncour. L'auteur m'avait bien donné envie de me plonger dans ce roman, tant pour son sujet que sa situation géographique : Le Morvan. Le Morvan, j'y ai passé de nombreuses vacances d'enfance en camping sauvage et y suis retournée l'an dernier, comme en pèlerinage.

L'atmosphère et la topographie de la région sont très bien rendues. Cependant, j'ai mis du temps à entrer dans ces pages et cette histoire / intrigue, puisque celle-ci évolue doucement vers les pentes du polar. J'ai eu du mal à prendre pour argent comptant la fascination soudaine de Serge pour Dora, une des protagonistes supposée du fait divers, tout comme ses décisions toujours reportées au lendemain de ne plus se mêler de cette affaire... et enfin, tout comme cet espèce d'irrespect du romancier envers ses hôtes, en ne prenant aucune précaution pour éviter des retards toujours plus marqués aux rendez-vous.

Et puis l'ambiance a fini par me happer aussi, comme par m'hypnotiser quelque part. Le ton mélancolique qui se dégage de ce texte, mélangé à des dialogues au contenu parfois ubuesque (notamment ceux entre Serge et le gendarme), cela m'a plu. D'autant plus que le suspens va crescendo.

Dans cette histoire, Serge Joncour se penche sur une petite ville de province, ses habitants, ses hypocrisies, ses peurs, ses mensonges, ses rumeurs, ses non-dits, son inertie nocturne, ses projets, les manipulations des uns et des autres, les stratégies d'un maire pour regrouper ses zouaves autour d'un projet titanesque qui sépare la ville en deux camps.

Ce projet, c'est la construction d'une usine d'énergie propre et renouvelable qui détruirait l'environnement en saccageant une partie de la forêt. Ainsi, Joncour s'interroge sur un sujet on ne peut plus d'actualité : les contradictions de l'écologie à tout prix ou de l'écologie comme faire-valoir.

Même si j'ai bien apprécié les monologues introspectifs du narrateur, celui-ci m'a semblé comme étant un personnage un peu fade, comme manquant de caractère. Aussi, je n'ai pas développé de grande sympathie pour lui, sauf lorsque tout le monde lui tombe dessus dès qu'il sort des clous.

Serge Joncour évoque aussi largement le statut d'auteur, d'écrivain etc....Là, nous avons de très bons moments, bien jubilatoires, et sans doute vécus par Joncour. Les cocktails au jus d'orange et toujours les mêmes petits gâteaux, la fierté des gens de s'afficher auprès d'une célébrité dont ils ne connaissent rien, les clubs d'écriture qui tourne en eau de boudin ou encore, les rencontres avec les lecteurs, lecteurs qui n'ont, bien souvent, rien saisi de la démarche de l'auteur, ni du sens de ses livres et des messages sous-jacents délivrés par ses personnages. Bien souvent, les bras m'en sont tombés pour lui.

Et puis, il y a la fin, avec une révélation qui, pour moi, est un peu tombée comme un cheveu sur la soupe, comme si, ayant fait le tour de la situation, Joncour s'était soudainement dit : bon allez, il faut en finir ! Mais la fameuse démarche peut être tout autre. En effet, peut-être, fallait-il démontrer que rien ne sert de chercher ou de comprendre, tout finit par s'éclaircir...

L'écrivain national ne m'a pas transportée, a mis du temps à m'embarquer, mais m'a finalement bien baladée ! Je ne regrette pas du tout cette lecture étonnante et quelque part, assez originale et bien pourvue d'ironnie et de cocasseries.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 16 Février 2015

Roman - Editions Audiolib - 5h30 d'écoute - 22.30 €

 

Parution en audio en 2010. Existe aussi en format poche !

L'histoire : D'où vient la vie ? Où s'arrête l'univers ? Pourquoi il y a-t-il quelque chose au milieu de rien. Et Dieu dans tout cela ? Depuis plus de 3000 ans, la vision de l'homme ne cesse de changer, au fur et à mesure des progrès scientifiques et d'autres révélations.

C'est le roman du monde que nous conte Jean D'ormesson.

 

Tentation : Ma curiosité

Fournisseur : Sylire, merci pour le prêt !

 

Lu par Hervé Lacroix

 

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Mon humble avis : Quelle lecture écoute fascinante, captivante, subjuguante, instructive, enrichissante, limite hypnotique pour moi ! Bref, je ne tarirai pas d'éloges ! Même si, par moment, mon esprit avait du mal à suivre le fil et garder le cap, tant  ce livre est dense, dense, dense, à chaque ligne ! ... et le sujet, plutôt sérieux, même si l'écriture de Jean d'Ormesson n'est jamais déshabillée d'humour.

Dans cet oeuvre, l'académicien déroule le roman de l'univers (et de la vie), tel qu'il a été connu au fils des siècles. Depuis l'homme de Cro-Magnon qui ignorait tout de ses origines et de l'étendue de la planète, jusqu'à nous, ses contemporains, qui malgré notre libre arbitre, figurons dans des statistiques qui nous révèlent notre avenir et s'avèrent véridiques. En passant par les époques où la terre était plate et le centre de l'univers. Plus le passé de l'Homme est lointain, plus celui-ci s'éclaircit et se précise, grâce à l'évolution de la science. Pythagore, il y a 2500 ans, pensait que c'était l'oeil qui éclairait l'objet. Or, c'est l'objet qui émet la lumière. Quand la science progresse et crée une nouvelle théorie, elle détruit la précédente. Par contre, une nouvelle oeuvre artistique ne se fait pas au détriment d'une autre. Et Dieu dans tout cela ? Entre les religions polythéistes et d'autres monothéistes, avec la science, l'oeuvre qui peut lui être attribuée n'est plus si claire. Les Etats Unis, pays majeur dans les découvertes scientifiques, est aussi celui qui compte le plus de créationnistes, alors que cette même science a démontré depuis longtemps la véracité de la théorie de l'Evolution de Darwin.

Bien sûr, il n'y a pas toutes les réponses, car certaines questions existentielles n'en n'ont pas. Rien ne prouve l'existence de Dieu, rien ne prouve son inexistence. Et, dans d'autres domaines, les certitudes d'aujourd'hui se trouveront sans doute erronées demain. Les courants philosophiques se suivent et se contredisent, des théories naissent tous les jours !

Voilà, il y a tout ça dans ce livre et tant d'autres choses encore. C'est une chose étrange à la fin que le monde (début d'un poème d'Aragon) est un roman qui unit et réunit brillement la littérature et les mathématique.

Vous croiserez au fil des pages ou des plages le chemin de tous ces grands hommes qui ont fait votre savoir et vos connaissances actuels : (dans le désordre, vous pouvez vous amuser à les remettre dans le bon ordre : Hawkins, Newton, Archimède, Planck, Saint Augustin, Einstein, Platon, Copernic, Homère, Darwin, De Vinci, Virgile, Spinoza, j'en passe et des plus illustres !

 

Un fascinant voyage enchanteur, très érudit, dans le labyrinthe du temps, qui peut être comme Socrate et moi, vous fera dire : "Je sais que je ne sais rien." Car si ce livre montre l'étendue de l'univers, il m'a aussi montré celle de mon inculture.

Un livre qui donne envie de la combler. Un livre que je relirai, par bribe, pour mieux m'en imprégner

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 14 Février 2015

Papa ou maman : Affiche

Comédie de Martin Bourboulon

Avec Marina Foïs, Laurent Lafitte, Alexandre Desrousseaux

 

 

 

Synopsis : Florence et Vincent Leroy ont tout réussi. Leurs métiers, leur mariage, leurs enfants. Et aujourd’hui, c’est leur divorce qu’ils veulent réussir. Mais quand ils reçoivent simultanément la promotion dont ils ont toujours rêvée, leur vie de couple vire au cauchemar. Dès lors, plus de quartier, les ex-époux modèles se déclarent la guerre : et ils vont tout faire pour NE PAS avoir la garde des enfants

 

 

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Mon humble avis : En ce jour de la St Valentin, parlons d'un film sur le divorce. Soyons à contre courant, comme l'est Papa ou Maman. Le plus souvent, lors d'un divorce, les futurs ex époux se battent pour obtenir la garde des enfants. Ici, c'est le contraire. Alors tous les coups bas sont permis, et comme dans tout divorce, les enfants en sont les premières victimes. Bien sûr, comme c'est une comédie, tout est exagéré. Martin Bourboulon montre l'inverse pour démontrer la réalité.

Les réparties sont succulentes, les acteurs s'en donnent à coeur joie. De mon côté, j'adore Marina Foïs. Elle a pour moi une diction reconnaissable entre mille. Un peu comme Catherine Frot, il suffit qu'elle se mette à parler pour me faire rire, même si les propos ne sont pas forcément drôle. 

Ce film est franchement divertissent et résolument décomplexé et s'amuse à être bien politiquement incorrecte. Donc un film on ne peut plus inhabituel !

Mais je pensais rire un peu plus et sur la fin, j'ai eu une impression de too much là où un peu plus de finesse aurait pu rendre le film encore plus méchant !

Mais cette comédie reste de très bonne facture, et à ne pas bouder !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 10 Février 2015

Roman - Editions Pocket -185 pages - 6.20 €

 

Parution le 4 décembre 2014

 

L'histoire : Un soir d'orage, Ellen trouve une petite boule de poils frigorifiée devant sa porte. Ce chaton lui fait étrangement penser à Salomon, le chat de son enfance. Elle le recueille et le nomme de nouveau Salomon. Et ce chat, revenu des étoiles, deviendra, sans qu'elle le sache, son "agent de bonheur", celui qui éclairera sa vie.

 

Tentation : Titre at first, puis le pitch

Fournisseur : le reliquat d'une carte KDO de Noël

 

 

 

 

 

Mon humble avis : Bien évidemment, avec un tel titre et un tel pitch, ce livre m'attendait, me tombait du ciel, était écrit rien que pour moi ! Car nul n'ignore ici dorénavant à quel point ma minette, puis mon chaton, donc mes chats et les chats en général, ont bouleversé ma vie !

Alors, ce roman est sous-titré "conte du chat Salomon qui tomba des étoiles". Oui, l'histoire prend assez une forme de conte, en littérature adulte, comme c'est spécifié par l'auteure dans les dernières pages. Bien sûr, c'est frais, c'est léger (malgré la gravité de certaines situations dont les difficultés d'Ellen dans la vie), c'est mimi tout plein, on a des petites larmes aussi qui aimeraient couler, l'histoire est émouvant. La narration est à la première personne du singulier, et c'est dans la tête du petit chat Salomon que l'auteure nous place. Le regard du chat sur l'Humain est intéressant, même si évidemment pas prouvé scientifiquement à 100% !

C'est une lecture tendre, divertissante, mais qui ne mène pas bien loin non plus. La morale de l'histoire n'est presque pas plus étoffée et profonde que le fameux "la réponse est en toi".... ce qui fait toujours une belle jambe.

Il reste que c'est une lecture doudou pour les amoureux des chats, les grands enfants, les ado. Mais un adulte insensible à la beauté et aux charmes félins trouvera sans doute dans ce roman trop de mièvrerie pour s'y plaire.

Alors, Salomon est un chat guérisseur qui, même s'il n'évite pas à sa maitresse les malheurs de la vie, lui donne la force et la présence pour surmonter l'insurmontable. Salomon s'arrange a être là quand il faut pour que sa maîtresse suive le bon chemin. L'idée du roman est donc très bonne à l'origine, je suis moi même persuadée que les chats nous rendent meilleurs et nous appaisent (là, c'est aussi scientifiquement prouvé !).  Pour écrire ce roman, Sheila Jeffries s'est inspirée de l'histoire de son propre chat, dont les vertues curatives étaient reconnues dans tout son entourage, dans la ville entière même. Dommage que l'auteure ne soit pas restée plus près de la véritable histoire de Salomon, plutôt que d'en inventer une mettant en scène un chat au caractère du sien. L'oeuvre aurait alors grandement gagné en force et en intérêt réels.

Mais lecture doudou miaou, chat, caresses et ronrons, ca fait toujours du bien tout de même !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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