Publié le 6 Mars 2020

Roman - Editions Gallimard - 5h30 d'écoute - 17.99 €

Parution d'origine aux Editions de Minuit en septembre 2016

L'histoire : Sybille, divorcée, vit avec son fils Samuel à Bordeaux. Infirmière au travail, dépressive chez elle. Jusqu'au jour où Samuel, parti à la dérive se retrouve en garde à vue... Sybille réalise qu'elle n'a pas vu son fils grandir et virer d'un mauvais coton, parce que depuis les premières disputes avec son ex mari, Samuel est devenu secondaire. Consciente qu'il lui faut sauver son fils d'un avenir sombre et le reprendre en main, elle met sur pied le projet fou de partir avec lui, durant 3 mois à cheval dans les montagnes du Kirghizistan.

Tentation : La blogo a l'époque de la sortie du roman

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Ce livre est une pépite ! Nous accompagnons Sybille et Samuel dans les montagnes et les plaines de l'Asie Centrale, au grès des rencontres, des dangers, des silences, des quelques mots échangés entre mère et fils, des peurs et de petits miracles, qui n'en sont pas pour autant très symboliques et encourageants. 

De temps en temps, des flash-back, via la narration ou via les souvenirs qui tournent dans l'esprit de Sybille, nous apprennent à la connaitre et à comprendre les raisons qui ont conduit à ce qu'elle considère comme une collection d'échecs et d'actes manqués. Sybille en devient bouleversante de fragilité, de force, de courage et de persévérance.

Le lecteur comprend en même temps que Sybille que si elle veut "reconstruire" et retrouver son fils, il lui faut commencer par elle-même.

Ainsi, les voilà tous les deux dans les grands espaces du Kirghizistan, livrés à eux-mêmes. C'est un retour à l'essentiel, au minimum, aux valeurs de la vie, à la survie qui ne dépend que de nous, à l'origine. Ce roman d'aventure initiatique est une magnifique histoire qui met en valeur les difficultés des relations parents/enfants, notamment lors de l'adolescence. La mère se bat contre elle-même pour son fils, son fils lui livre bataille. Pas à pas, la mère et le fils se retrouvent, comme au fil des montagnes traversées, avec des hauts et des bas. Mais les barrières entre ces deux êtres vont peu à peu tomber, dans des petits détails, qui sont pour le lecteur des moments de grâce au milieu de l'âpreté de cette expédition qui peut paraître insensée.

Parmi les sujets qui importent à Sybille de faire comprendre à son fils : l'aberration de la peur et du rejet de l'autre, de l'inconnu, le respect des différences et l'enrichissement que celles-ci procurent.

Continuer est avant tout une magnifique histoire d'amour maternel sur fond de splendides chevauchées dans un décor naturel extraordinaire... Certes, la fin n'est pas celle que l'on imaginait, mais elle reste dans l'optimisme... Il faut continuer !

Ce roman a été librement adapté au cinéma en 2019, sous le même titre, avec Virginie Efira dans le rôle de Sybille.

 

L'avis de Sylire

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 4 Mars 2020

La vie devant soi, Romain Gary, Roman, Avis, chronique, blog, Goncourt 1975

Roman - Edition Folio - 274 pages - 9.50 €

Parution d'origine aux Editions Mercure de France en 1975.

L'histoire : Celle de Momo (diminutif de Mohammed), le narrateur,  un garçon d'une dizaine d'années qui se dit algérien musulman. Momo est orphelin et vit chez Madame Rosa, dans une pension clandestine pour enfants de prostituées, au sixième étage (sans ascenseur) d'un immeuble Parisien. La vieille dame est une juive rescapée des camps de concentration nazis d'Auschwitz. Malade, elle refuse d'aller à l'hôpital et, sous des airs un peu brutaux, s'occupent des enfants avec une affection particulière pour Momo, qui lui rend bien. La vie devant soi est l'histoire d'amour indissoluble entre Momo et Madame Rosa

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Enfin, enfin, j'ai lu ce roman, prix Goncourt 1975, paru la même année sous le pseudonyme Emile Ajar et devenu depuis un classique incontournable... sur lequel tout a été dit !

Quelle est donc mon ressenti subjectif de ce livre ? Pour être honnête j'ai éprouvé quelques difficultés à rentrer dedans, tant le style m'a prise au dépourvu. Le style, c'est celui de Momo, un gamin parisien qui a 10 ou 14 ans, et qui mène une vie dure d'orphelin clandestin. C'est un môme qui voit tout, qui voit trop pour son âge, qui entend tout, qui entend trop pour son âge, qui se forme et s'instruit comme il peut dans la rue au fil de ses rencontres, et avec ce que Madame Rosa lui apprend de la vie. C'est donc le style d'un gamin, avec des erreurs de mot, des phrases pas toujours dans le bon sens etc... Bref, au début, il faut suivre, s'adapter.

Puis, je me suis habituée à cette narration et cette écriture qui est sont si parfaites pour donner vie et réalisme à cette histoire qui n'était pas racontable autrement ! Alors, la grandeur de l'oeuvre m'a sauté aux yeux, j'ai souri à la lecture des expressions bien à lui de Momo, l'émotion m'a prise à la gorge et les pages se sont tournées toutes seules. La vie de Momo et de Madame Rosa est terrible, leur soleil est l'affection sans borne qu'ils se vouent, jusqu'au dévouement le plus extrême.

Mille et un thèmes sont abordés dans ce roman, donc impossible de les évoquer tous ici. Mais parmi eux, sont particulièrement développés les suivants : le traumatisme des rescapés de la guerre, et notamment celui des juifs, puisque Mme Rosa est juive, encore persuadée "qu'on va venir" la chercher. Le sort des enfants de prostituées dans les années 70, et des prostituées elles-mêmes, qui pour éviter que leurs enfants 'illégitime et non déclarés" soient "absorbés" par l'assistance publique, les confient quelque temps à des pensions clandestines, comme celle de Madame Rosa. Le thème "du droit des peuples à disposer d'eux même", c'est ainsi qu'il est nommé dans la bouche de Momo, et qui est en fait le droit à mourir dignement, donc l'euthanasie, est très développé. Et puis, évidemment, il y a le thème de l'enfance bafouée, clandestine et particulièrement pour Momo la vie et le sort des orphelins, sans parents, sans réelles origines. Et puis l'époque aussi.

Alors oui, j'ai adoré ce que Momo m'a raconté et sa manière de le faire, même si derrière ses réflexions amusantes se cachent bien d'autres choses. Quel que soit son âge, Momo est un garçon qui la vie a obligé à grandir trop vite. Momo est autant ingénu que clairvoyant sur la vie et la société, ses dysfonctionnements, ses hypocrisies, il est tellement timide et en même temps spontané et réfléchi, tellement digne dans un monde où plus grand-chose ne l'est qu'il ne peut que provoquer admiration et affection XXL. Momo et Madame Rosa sont des personnages hors du communs, qui je pense laissent une trace au fer rouge dans l'esprit du lecteur et l'accompagnent pour la vie qu'il a encore devant soi !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 2 Mars 2020

Film Judy, cinéma, chronique, avis, blog, Renée Zellweger, Ruper Goold, Oscar 2020, biopic, Judy Garland

Film de Rupert Goold

Avec Renée Zellweger, Jessie Buckley Finn Wittrock, Darci Shaw

 

Synopsis :  Hiver 1968. La légendaire Judy Garland débarque à Londres pour se produire à guichets fermés au Talk of the Town. Cela fait trente ans déjà qu’elle est devenue une star planétaire grâce au Magicien d’Oz. Judy a débuté son travail d’artiste à l’âge de deux ans, cela fait maintenant plus de quatre décennies qu’elle chante pour gagner sa vie. Elle est épuisée. Alors qu’elle se prépare pour le spectacle, qu’elle se bat avec son agent, charme les musiciens et évoque ses souvenirs entre amis ; sa vivacité et sa générosité séduisent son entourage. Hantée par une enfance sacrifiée pour Hollywood, elle aspire à rentrer chez elle et à consacrer du temps à ses enfants. Aura-t-elle seulement la force d’aller de l’avant ?

 

Mon humble avis : Judy est un biopic, comme beaucoup d'autres, réussi également. Tant dans la mise en scène maîtrisée, les dialogues savoureux émis par Judy, la reconstitution de l'époque. Esthétiquement, c'est un beau film.

Evidemment, son atout majeur (qui fait d'ailleurs beaucoup parler) est son interprète principale : Renée Zellweger, qui incarne une Judy Garland plus vraie que jamais, talentueuse, capricieuse autant qu'envieuse de liberté et déchirée, abîmée, détruite par des années de privations alimentaires et d'excès non conseillés, de divorces, dettes de vie du show business où elle tente de se refaire une place pour y gagner ensuite une nouvelle liberté : vivre pour elle et ses enfants. L'Oscar de Renée Zellweger pour ce rôle est amplement mérité. Précision, c'est l'actrice qui interprète elle-même les chansons des parties scéniques. Sacrée prestation... De ce fait, je vous conseille de voir ce film en V.O.

Par moment, Judy se laisse aller dans ses songes... qui nous mènent, par flash-back, dans son enfance et adolescence... Deux périodes qu'elle n'a pas vécues comme n'importe qu'elle autre petite fille. Montée à deux ans sur scène,  liée par des contrats très strictes, avec des personnes très sévères pour s'occuper d'elle (comprendre la surveiller), on comprend que Judy Garland a toujours travaillé comme une damnée, qu'elle a été on ne peut plus configurée et formatée pour obéir, rester mince, et faire ce que l'on attend d'elle. Ce fut une jeune fille abusée par le système Hollywodien. C'est vraiment l'envers de la médaille que nous montre ce biopic, le revers des paillettes. Imaginez tout de même que Judy Garland goûte et mange le premier gâteau de sa vie pour son 47ème anniversaire...

L'émotion est souvent bien présente dans le personnage brisé de Judy, avec lequel on entre en empathie, dans un monde où l'on attend que la star ne faillisse jamais, qu'elle soit une personne parfaite, et que l'on conduit vite au pilori en cas de défaillance par colère et non par compassion. La star est une icône qui se devrait de toujours l'être...

J'avoue, avec les biopic, j'ai parfois des problèmes, ou une obsession à trop observer l'interprète, à trop chercher à distinguer ce qui vient de l'actrice, du personnage, du mimétisme, de la transformation physique...

Après, pour rendre hommage à une telle dame, une si immense artiste, on peut se demander si baser son biopic sur la dernière année de sa vie, l'époque où cette femme est particulièrement brisée psychologiquement, est une idée judicieuse.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 29 Février 2020

Quand les animaux s'en vont, Valérie Lebon, Communication Animale, Editions Favre, livre, témoignage, bien-être animal

Essai - Editions Favre -201 pages - 20 €

Parution le 6 février 2020

 

Le sujet :  Des histoires poignantes pour nous réconforter face à un deuil, nous aider à accompagner nos compagnons en fin de vie, et même apprendre à communiquer avec eux lorsqu'ils sont de l'autre côté.

Valérie Lebon, communicatrice animale professionnelle depuis dix ans, partage ici ce qu'elle a appris grâce à ses nombreux contacts télépathiques avec les animaux, vivants ou défunts, sur l'au-delà, leurs ressentis face à la mort et leurs messages pour les humains. 

 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi

 

 

Mon humble avis : Le sujet m'intriguant et pouvant me toucher, j'ai accepté la proposition de Gilles Paris : recevoir, lire et chroniquer librement ce livre. Et j'avoue, une fois celui-ci sur ma table de nuit, l'envie était moins là et ma lecture a commencé un peu à reculons.

Il faut dire que je suis athée, ou agnostique, puisque rien ne me confirme ou l'infirme l'existence d'un au-delà et encore moins d'un Dieu, et que je répugne assez à me questionner sur cela, par manque d'intérêt réel et aussi sans doute par refus du dogmatisme religieux que j'ai subi. Mais quelque part, je suis persuadée que les animaux ont une autre dimension que nous, d'autres sens, une part de "magie", et qu'ils n'apparaissent pas forcément par hasard dans une vie humaine (ils auraient une mission). Et bien évidemment, je suis convaincue que les animaux ont une âme, un esprit, une intelligence, des sentiments, comme tout être vivant !

Finalement, cette lecture m'a fait beaucoup de bien. J'y ai trouvé douceur, amour, bienveillance, même si ces pages abordent des moments difficiles : la fin de vie et le départ d'un animal. Pour l'instant, mes chats sont encore jeunes, donc je croise les doigts, mais je ne devrais pas être confrontée à leur départ avant un long moment.

Valérie Lebon fait de la communication animale, ce qui n'a rien à voir avec le comportementalisme animal. La communication animale, c'est entrer en contact avec l'âme de l'animal (qu'il soit chat, chien, cheval ou autre). La communicatrice peut comprendre les sentiments, ressentir les douleurs et les émotions des animaux. Avec quelques conseils ou de grandes formations, il semble que ce don soit accessible à tous à un niveau différent... ceux qui sont capables de se concentrer, de faire le vide total de leur propre esprit etc... Donc pas moi !

Valérie Lebon entre en contact avec des animaux vivants ou décédés, ceci, dans l'astral. Ici, le sujet est la fin de vie des animaux, ou l'au-delà de ceux-ci. Les animaux parviennent à lui faire comprendre par exemple s'ils sont prêts "à partir" (ce qui peut éviter des acharnements thérapeutiques), s'ils souhaitent de l'aide (euthanasie), de quoi ils souffrent éventuellement si le vétérinaire ne trouve pas la cause d'un délabrement de l'animal, s'ils ont un message pour leurs humains. En cas de décès brutal ou de cause inconnue, les animaux peuvent lui montrer ce qui a causé leur mort (comme un accident de voiture ou autre). Un animal vivant avec trouble du comportement (comme dépression ou autre) peut expliquer par exemple qu'il ne se remet pas du départ de son autre copain cheval ou chien...

Pour l'instant, mes chats vont bien et je n'ai pas besoin de ce type de communication. Mais je pense que lorsqu'ils parviendront à leur fin de vie, je me tournerai vers la communication animale pour prendre la bonne décision au bon moment, pour ne pas m'acharner et ne pas non plus trahir la confiance et l'amour que je partage avec mes chats.

Dans ce livre, il est évidemment question "d'autres dimensions", d'Astral, de réincarnation, de voyage de l'âme etc. En conclusion, l'auteure nous invite à ne "rien croire de tout ce que vous avez absorbé dans cet ouvrage, sans valider par le ressenti de l'expérience et/ou par le discernement de comment ça vibre en vous". En d'autres termes, chacun est libre d'en prendre et d'en laisser. J'avoue par moment c'est monté "un peu haut pour moi", ou ce fut parfois un peu "gnan-gnan" ou répétitif, mais j'en garde tout de même pas mal de choses, constatant dans la vie que je partage avec mes félins des réactions et des comportements intrigants,  de ce quelque chose d'impalpable et à priori d'inexplicable si l'on reste terre à terre. Et ces réactions et comportements "étranges", j'ai aussi pu les constater lors des nombreux sauvetages félins que j'ai pu réaliser ces dernières années. 

A noter, Valérie Lebon rappelle à plusieurs reprises que les communications avec un animal malade ou en fin de vie ne se font qu'après visite chez le vétérinaire, vétérinaire qui passera en revue les potentielles pathologies de l'animale. La communication animale ne remplace en rien le vétérinaire en cas de maladie physique.

Evidemment les personnes ultra sceptiques ou cartésiennes passeront leur chemin, tout comme celles et ceux pour qui les relations avec l'animal restent très basiques. Quant aux gens qui n'aiment pas les animaux, ils n'ont même pas dû lire le début de ce billet ! Pour ceux qui partagent une relation puissance et profonde avec leur animal, nul doute que cet ouvrage peut les aider à l'accompagner dans ces derniers instants de vie terrestre.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres autres - divers, #Un monde de chat

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Publié le 27 Février 2020

Petite de Sarah Gysler, témoignage, voyage, aventure, lecture

Récit, Editions Pocket - 176 pages - 6.40 €

 

Parution d'origine aux éditions des Equateurs en juin 2018

Le sujet : La vie ou le roman de Sarah Gysler, jeune suissesse d'origine algérienne. Une petite en colère depuis presque le début... Depuis le divorce de ses parents, depuis l'école qui n'est vraiment pas fait pour elle, depuis le grave accident d'un de ses amis. A vingt ans, elle plaque le peu qu'elle a et part vers le Cap Nord, sans argent et en stop.

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB, l'été dernier

 

 

 

Mon humble avis : En début de lecture, j'ai cru m'être fourvoyée dans mon choix... La quatrième de couv, je ne l'avais lue qu'en diagonale pour y voir les mots "récit de voyage", style dont je suis friande... Mais en fait, pour entamer réellement ce voyage vers le Cap Nord, il faut patienter presque jusqu'à la centième page.

Avant, c'est le récit de la vie chaotique de Sarah, à Lausanne et dans les environs. Mais très vite, j'y ai trouvé mon compte et en Sarah, toute proportion gardée et sans doute pour d'autres raisons que les siennes (quoique ?!), je me suis un peu reconnue en elle... Même si je suis issue d'un milieu favorisé et d'une famille stable et que ma vie fut globalement lisse jusqu'à mes 20 ans... La colère de Sarah, ses révoltes, son incompréhension et sa vision du monde, ses difficultés à faire comme tout le monde étaient un peu les miennes. Sauf qu'avec la plume de Sarah Gysler, elles sont claires et nettes, posées sur le papier, expliquées, avec fougue, humour, désespoir. Franchise et sincérité semblent les maîtres mots de cette jeune femme qui n'a pas froid aux mots justement. Le franc parlé, elle n'en manque pas.

Puis vient le départ pour le grand voyage, à la seule force du pouce et du sourire malgré les galères et les peurs, vers le Cap Nord en Norvège. Un voyage aussi enrichissant humainement parlant pour celle qui l'a vécu que pour celle ou celui qui le lit. Des rencontres approfondies ou non, étonnantes, rassurantes. Chaque portion de trajet et chaque personne changent Sarah et son regard sur les autres, sur le monde, loin des clichés de la télévision (qui vous dit quoi aimer dans l'enfance et qui détester lorsque vous êtes adultes). On se régale de cette expédition et de ses visages croisés, même si on tremble un peu pour Sarah Gysler qui se rassure parfois comme elle peut avec son mantra "seules 8% de nos peurs sont fondées et rationnelles".

En cours de route, Sarah écrit une merveilleuse et émouvante lettre à sa solitude soit disant anormale mais qu'elle chérit tant.

Avec Petite, nous partons avec une fille révoltée et en colère et revenons avec une jeune femme réconciliée tant avec elle qu'avec le monde, une femme apaisée. Bien évidemment, Sarah ne rentre chez elle que pour mieux repartir... Aussi, si elle publie d'autres récits de ses voyages, c'est avec plaisir que je reprendrais la route, la mer, les airs avec elle !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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Publié le 25 Février 2020

cinéma, clint eastwood, le cas Richard jewell, avis, blog, chronique

Film de Clint Eastwood

Avec Paul Walter Hauser, Sam Rockwell, Kathy Bathes

 

Synopsis :  En 1996, Richard Jewell fait partie de l'équipe chargée de la sécurité des Jeux d'Atlanta. Il est l'un des premiers à alerter de la présence d'une bombe et à sauver des vies. Mais il se retrouve bientôt suspecté... de terrorisme, passant du statut de héros à celui d'homme le plus détesté des Etats-Unis. Il fut innocenté trois mois plus tard par le FBI mais sa réputation ne fut jamais complètement rétablie, sa santé étant endommagée par l'expérience.

 

 

Mon humble avis : Un excellent Clint Eastwood, et un de plus ! Un sans-faute.

Le film met un peu de temps, en introduction, à présenter le personnage de Richard Jewell, de façon assez ambiguë, mais c'est important afin que l'on comprenne bien à qui l'on a affaire et pourquoi la suite a pu se dérouler ainsi. On se demande si Richard est un peu simplet. La suite donnera la réponse évidemment, lors d'une scène magistrale où Richard se révèle et met à plat dans une logique toute simple les conséquences du raisonnement du FBI.

Avec Le cas Richard Jewell, Clint Eastwood dénonce haut et fort, avec une efficacité implacable, la justice américaine parfois bien expéditive, et surtout, les dégâts que provoquent l'acharnement et le harcèlement des médias, qui font et défont les héros, juste sur la base d'une rumeur qui devient vérité pour l'opinion public. Certes, l'histoire se déroule dans les années 90 lors des J.O d'Atlanta, mais hélas, la situation n'a guère changé. Elle a même empiré avec la vulgarisation des moyens technologiques : téléphones portables, réseaux sociaux, 4 G.... En un temps trois mouvements, il est si simple de faire d'un homme un héros ou le pire des monstres et de transformer sa vie en enfer sur terre, le tout sans preuve.

Le personnage de Richard est très attachant, mais l'on a mal pour lui. On a envie de lui botter les fesses. Le cas Richard Jewell est un film sur la naïveté, et la dévotion aveuglante d'u homme pour les forces de l'ordre. Richard qui respecte tant la loi et rêve de faire partie de la police n'imagine pas une seconde que la justice puisse être injuste. Paul Walter Hauser, qui incarne Jewell, est archi bluffant. Le climat du film devient de plus en plus lourd, tendu au fur et à mesure qu'on n'imagine pas de bonne issue. Le spectateur est donc cloué à son fauteuil devant ce film sans grand effet, mais à la narration diablement efficace et captivante.

Le personnage de l'avocat fantaisiste de Richard apporte des moments d'humour bienvenus.

Ce film sur la contradictoire Amérique est à voir absolument et à transposer dans notre époque actuelle pour réfléchir à deux fois avant de publier ou de partager n'importe quoi, sans réfléchir aux conséquences. Clint Eastwood rend hommage à ce héros (qui ne s'est jamais considéré comme tel) et surtout le réhabilite aux yeux du grand public !

Un grand Clint  Eastwood, comme on les adore, comme on les attend, incontournable. 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 23 Février 2020

BD - Editions Urban Comics -136 pages - 15.50 €

Parution en février 2016

 

L'histoire :  L'avenir professionnel de Steve n'a jamais paru aussi prometteur. On vient tout juste de lui proposer d'imaginer les nouvelles aventures du plus célèbre de tous les héros : Superman. Côté personnel, il s'apprête cependant à connaître les moments les plus douloureux de son existence : son père a disparu sans laisser de message, laissant sa mère en plein désarroi. Au même moment, il apprend qu'une maladie génétique menace sa vie mais également celle de ses futurs enfants. Dans son imaginaire, Steve dispose de pouvoirs incommensurables, capables de faire bouger les planètes, mais dans la vraie, Superman n'est qu'une créature de papier, impuissante... Vraiment ? Un symbole est-il capable de sauver la vie d'un être humain bien réel ?

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : J'ai emprunté cet album à la bib car le pitch annonce qu'il y est question de "Super héros"... et je suis fan des personnages à super pouvoirs... Ici, il est question de Superman, qui n'est point mon préféré, puisque je j'apprécie beaucoup plus ceux issus de l'écurie Marvel.

Quid de cette lecture... qui fut quelque part fastidieuse, mais intéressante. Mais qui me laisse néanmoins perplexe. En général, une bande dessinée se lit d'un trait. Pour c'est un oiseau, il m'a fallu plusieurs cessions de lecture. En fait, pour résumer les choses, je dirais que pour moi, ce fut expérimental, tant dans le déroulé un peu anarchique de l'histoire, que dans la formule narrative, de quand les graphisme qui sont tout de même par moments bien particuliers.

Le personnage de Steve et toutes ses questions existentielles ne m'ont pas passionnée vraiment... D'autant que ce même à tout ceci un drame familial lié à une maladie génétique et dégénérative (la maladie d'Huntington) En fait, je trouve dommage que les auteurs aient mélangés ces deux sujets, même si évidemment, la conclusion réunit les deux dans une évidence : on est tous, à plus ou moins grande échelle, les super héros de notre vie, ou d'une vie, en fonction de ce que l'on est amené à affronter.

Mais l'aspect intéressant de cet album sont les études thématiques sur les mythes des super-héros (ici Super man), des modèles de perfection qu'ils représentent au-delà de leur super pouvoirs (justice, souvent outsider, invulnérabilité, pouvoir, perfection, courage)

Il est montré aussi que nous nous comportons souvent comme ces héros... En effet, la façon dont nous nous habillons ne s'approche-t-elle pas d'un certain costume dans notre représentation ? N'avons-nous jamais le sentiment de ne pas être de ce monde, de venir d'ailleurs tant celui-ci nous semble étranger à nous même ? N'avons-nous pas, chacun au fond de nous, une identité secrète que nous taisons au reste du monde ?

Les auteurs montrent aussi que tous ces pouvoirs cumulés pourraient devenir les pires dangers du monde... s'ils tombaient du "côté obscur de la force". Bref, cet album est donc aussi une réflexion sur toute forme de pouvoir.

Bref, une BD avec des passages franchement intéressants mais trop entremêlés dans les dérives existentielles et privées du personnage... Alors voilà, si vous aimez les albums d'aspects expérimentaux et réfléchir sur le fondement des super héros, cet album pourrait vous plaire, tout en vous laissant perplexes en même temps ! Mais je ne crois pas que "c'est un oiseau" me marquera longtemps, malgré la fascination que j'avais pour le sujet !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 21 Février 2020

Ulysse from Bagdad, littérature, livre audio, Eric Emmanuel Schmitt, migrants, Irak, avis, blog, chronique

Roman - Editions Audiolib - 7h10 d'écoute - 18 €

Parution d'origine chez Albin Michel en 2008

 

L'histoire : Il s'appelle Saad Saad, ce qui signifie Espoir Espoir en français ou Triste Triste en Anglais. Il est Irakien. La dictature a pris fin, remplacée par le chaos total dans le pays. Sa petite amie est morte sous les bombes et Saad Saad devient le seul homme vivant de sa famille. A lui seule, il doit assumer la vie de sa mère, de ses soeurs et ses neveux nièces. Saad Saad n'a plus le choix, il doit quitter l'Irak et rejoindre l'Angleterre, où il pourra travailler et envoyer de l'argent au pays, argent nécessaire à la survie de ses proches. Saad se met en route. Ce roman est l'histoire de son voyage, envers et contre tout.

Tentation : le sujet et le nom de l'auteur

Fournisseur : Bib°3

 

 

Mon humble avis : Eric Emmanuel Schmitt, un de mes auteurs chouchou, donc une valeur sûre... Et ce roman ne fait que confirmer cela.

Ulysse from Bagdad a paru en 2008, et ce qui est terrifiant et déprimant à la fois, c'est de constater qu'il est encore on ne peut plus d'actualité, peut-être même encore plus encore qu'à l'époque, puisque le nombre de migrants tentant la traversée de la Méditerranée par tous les moyens ne cesse d'augmenter.

L'histoire s'ouvre sur l'enfance de Saad, sous la dictature de Saddam Hussein, dans un pays emprunt entre autre à la paranoïa, la censure et la délation etc. Très vite, nous parvenons à son adolescence puis à ses études de droit. Entre temps, Saddam est tombé sous les américains... Puis le chaos s'est installé autant dans le pays que dans la famille de Saad, avec nombre de décès.

Commence alors ce projet de voyage vers l'Europe, via des moyens insensés, que l'on n'imagine même pas. Cette odyssée terrible nous emmène jusqu'en Egypte, en Libye, puis à travers la Méditerranée. Pour aller jusqu'où ? Pour y trouver quoi ? Durant ce périple, Saad rencontrera ce que l'Homme peut être de meilleur, comme de pire.

Eric Emmanuel Schmitt fait encore merveille et miracle dans ce roman au sujet si tragique et douloureux, et éloigné de notre confort d'Européens protégés. On est au plus près de ces migrants, presque dans leurs âmes et leurs coeurs. Dans leurs jambes, leurs fatigues, leurs peurs, leurs faims, leur décès, leurs espoirs parfois vains parfois récompensés... Et surtout, les conditions inhumaines, pire que bestiales dans lesquelles certains tronçons de ce voyage interminable se font.  On ne peut qu'être admiratif devant la pugnacité, le courage, la persévérance de ces hommes, ces femmes et enfants qui sont prêts à perdre la vie pour la gagner. Gagner la vie, la vraie, la vie libre, loin des bombes, loin de la pensée unique, loin d'un désert infertile.

Bien sûr, avec Eric Emmanuel Schmitt, on attend, on espère et on trouve des réflexions à portées philosophiques accessibles à tous. Schmitt, avec des mots simples, avec une clarté déconcertante, conduit son lecteur à réfléchir sur des idées que son l'humanité, les migrations, la domination, la liberté, la démocratie, la guerre, la notion d'ennemie, les frontières, les nations, l'échelle de valeurs attribués aux hommes surtout par les occidentaux qui prônent pourtant haut et fort des valeurs comme "liberté, égalité, fraternité", valeurs qui ne sont en fait réservées qu'à leurs égaux et leurs semblables. Et ce qui est génial avec Schmitt, c'est que de situations à priori complexes ou difficiles à verbaliser, il donne une explication simple, limpide, nette... Toujours servie par une écriture très agréable, emprunte de tendresse, d'empathie et non dénuée d'humour, malgré un sujet tragique.

Ce roman qui est hélas loin d'être périmé est à lire et à faire lire, absolument, à toute personne de 15 à 99 ans... Pour que les mentalités, les coeurs, les lois, les âmes, s'élargissent... Et que l'Humanité soit partagée.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 19 Février 2020

Film, cinéma, La fille au bracelet, Roshdy Zem avis, blog, chronique

Film de Stéphane Desmoutier

Avec Roschdy Zem, Anaïs Desmoutier, Mélissa Guers

 

 Synopsis :  Lise, 18 ans, vit dans un quartier résidentiel sans histoire et vient d'avoir son bac. Mais depuis deux ans, Lise porte un bracelet car elle est accusée d'avoir assassiné sa meilleure amie.

 

Mon humble avis : J'avoue, ce film m'a laissée perplexe, mal à l'aise, et je ne sais trop qu'en penser. Bien sûr, il est très subtil, bien réalisé et interprété avec la sobriété nécessaire au sujet. D'ailleurs, celui-ci est inspiré d'une histoire vraie argentine, qui a déjà donné lieu à un film, mais selon un regard différent. Ici, Stéphane Desmoutier s'intéresse à celui des parents envers Lise, leur fille accusée de meurtre. Le film étant avant tout centré sur le personnage ô combien complexe et au comportement si déstabilisant de Lise... Dont, comme le dit l'avocate générale, les silences sont si assourdissants, que le film en devient souvent étouffant.

La fille au bracelet est un film de procès et de justice. Plus de la moitié des scènes se déroule en cours d'assise, à grand renfort de plaidoiries.

L'histoire met deux générations face à face... Et comme le rappel l'avocate de l'accusée, la justice ne doit pas juger la morale et la façon de vivre du suspect mais bien l'acte qui lui est ou pas reproché. C'est donc un film sur le doute. Le doute est constant et le spectateur repartira avec son intime conviction ou son doute, quelques soient les délibérés des jurés. Quant à moi, j'ai bien ma version possible des faits, mais celle-ci n'est ni évoquée ni suggérée dans le film.

Le film se penche beaucoup sur la jeunesse actuelle, l'adolescence qui se cherche et qui, via les réseaux sociaux, perd plus de repères qu'elle n'en trouve, au point de ne même plus trop savoir ce qui est bon ou redoutable.

Je regrette et trouve même étrange qu'il ne soit jamais question d'expertise psychologique de Lise, ni même d'un suivi médical. Les scènes de procès sont très réalistes et minutieusement tournées jusque dans le moindre détail judiciaire, dommage qu'il y ait cependant un petit arrangement avec le réel : chaque soir après le procès, Lise rentre chez elle, alors qu'elle devrait être incarcérée.

Enfin et dernière chose, la question principale que pose le film de Stéphane Desmoutier est : "A quel point connaît-on ses enfants, si toutefois on les connaît vraiment" ?

En fait, je pense que c'est un bon film, mais j'en suis sortie vraiment mal à l'aise et perturbée, limite glacée, à un moment où je n'avais pas envie de l'être. J'aurais sans doute eu besoin de plus d'éclaircissements et surtout de moins de suggestivité... puisqu'en fait, ce film pose le spectateur dans le rôle de juré, mais qui n'a pas toutes les cartes en main (on ne peut abattre toutes les cartes d'un procès qui dure des jours en à peine 2 heures).

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 17 Février 2020

roman le répondeur, Luc Blanvillain, Chronique, avis, blog, littérature, livre

Roman - Quidam Editeur - 260 pages - 20 €

Parution le 2 janvier 2020 : Nouveauté

 

L'histoire : Baptiste est un jeune imitateur, qui en attendant gloire et célébrité, officie dans un petit théâtre associatif qui prend l'eau.

Jean Chozèse est un romancier célèbre (ancien Goncourt !) mais taiseux, qui tente de travailler d'arrache pied sur son prochain et très attendu roman. Pour cela, Chozèse doit se débarrasser des tracas du quotidien, et surtout de son environnement social envahissant.

Chozèse propose donc à Baptiste un job peu commun et inattendu... Etre son répondeur. A savoir, Chozèse lui confie son téléphone portable et "la bible" de ses connaissances, à Baptiste de se débrouiller avec tout cela et de faire illusion, en prenant sa voix ! Pour le meilleur et sans doute pour le  pire !

 

Tentation : Le billet de Keisha

Fournisseur : Des chèques Kdo reçus à Noël !

 

Mon humble avis : Ah ! Comme je me suis régalée de cette lecture dont le sujet m'a semblé si original et audacieux. J'ignore si l'idée a déjà été exploitée dans d'autres contrées littéraires, en tout cas, ce roman est jubilatoire.

Mon seul petit bémol serait l'usage un peu excessif de vocabulaire ampoulé... Au début, j'allais chercher dans le dictionnaire  sur internet la signification de ces mots qui m'étaient mystérieux, puis j'ai cessé, pour ne point couper mon rythme de lecture. Mais  bon, il s'agit vraiment d'un mini bémol car il est un peu hypocrite, à notre époque où tout part à vau l'eau, de pointer d'un mauvais doigt une excellente maîtrise de la langue française jusque dans des termes enfouis faute d'usage sans doute.

Bref, quid de l'histoire ? Rondement menée et rythmée, celle-ci peut paraître un peu déjantée, des passages encouragent dans ce sens, mais elle est dans le fond assez sérieuse et riche en émotions, en interrogations, en sujets abordés et bien sûr, en rebondissements.

Comment rester soi quand on est en même temps quelqu'un d'autre ? Comment ne pas abuser d'une telle confiance quand elle vous est donnée ? Comment et quand décider si l'on a le droit d'intervenir dans la vie des autres pour l'améliorer... au risque de la détériorer. Car après tout, Baptiste répond au téléphone avec la voix de Chézose et les quelques infos qu'il a sur ses interlocuteurs, mais c'est avec son coeur qu'il parle. Il devient tout à tour confident des uns (la fille de Chézose), défouloir des autres (l'ex femme de Chézoze), j'en passe et des meilleurs (les journalistes, les traducteurs, les attachés de presse, le père...). Il reçoit même des confidences sur lui-même ! On ne peut qu'être admiratif devant les prouesses d'improvisations de Baptiste, tantôt hilarantes, tantôt très touchantes, comme si le temps s'arrêtait. Evidemment, on se doute qu'un jour il fera une bourde, se mélangera les pinceaux entre son propre téléphone et celui de son patron. Oui mais quand, quoi, comment ? Surprise !

Bien que ce roman soit très divertissant, c'est aussi de belles histoires d'amitié, un portrait non exhaustif des us Germanopratins, et une belle réflexion sur le pouvoir des mots, des dits et non-dits familiaux ou sociétaux, sur les difficultés de communiquer avec son entourage.

Comme Keisha, je craignais un peu la fin, me demandant comment Luc Blanvillain pourrait conclure son histoire. Et bien elle reste fidèle au reste du roman, tout en étant inattendue : digne de Baptiste, digne tout court !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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